Russie. Les chemins de la puissance, Isabelle Facon, Éditions Artège, mars 2010, 191 p.

La Somalie offre un cas intéressant d’insurrection dans une société segmentaire. Contrairement aux insurrections africaines de l’ère de la décolonisation, puis de la Guerre froide, il s’agit moins de conquérir un pouvoir central inexistant, que d’interdire toute émergence d’un système politique cent...

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Bibliografske podrobnosti
Glavni avtor: Chaudet, Didier
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: 2010
Online dostop:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Opis
Izvleček:La Somalie offre un cas intéressant d’insurrection dans une société segmentaire. Contrairement aux insurrections africaines de l’ère de la décolonisation, puis de la Guerre froide, il s’agit moins de conquérir un pouvoir central inexistant, que d’interdire toute émergence d’un système politique centralisé fort. Les échecs successifs de reconstruction de l’État somalien s’expliquent par la résistance de la société organisée en clans rivaux et déchirée par les luttes entre seigneurs de guerre. Confrontée à cette situation, la communauté internationale n’a guère d’instrument d’intervention. Elle ne peut pratiquer les stratégies de contre-insurrection utilisées dans le passé, en raison de leur inadaptation aux sociétés segmentaires. En effet, ces stratégies impliquent l’existence d’un État suffisamment puissant pour les mettre en œuvre et sont concentrées sur la restauration de la légitimité gouvernementale par la reconquête des territoires gagnés aux insurgés et le contrôle des populations perdues. Le cas somalien indique plutôt l’existence d’un nouveau modèle insurrectionnel, propre aux sociétés segmentaires, qualifié de « déni de pouvoir central », dans lequel des acteurs armés tribo-claniques tentent de préserver un système politique décentralisé au nom d’un principe de légitimité communautaire, étranger à celui de l’existence d’un État.