Visualisations terrestres de l’intelligence artificielle : interventions pour un design des excès planétaires

L’intelligence artificielle (IA) s’est consolidée ces dernières années comme l’un des principaux imaginaires sociotechniques pour affronter la crise climatique mondiale. On lui attribue des capacités d’atténuation de cette crise à travers des outils comme la réduction des émissions de carbone, la mo...

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Autori principali: Tironi, Martín, Garretón, Manuela
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: 2026
Soggetti:
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:L’intelligence artificielle (IA) s’est consolidée ces dernières années comme l’un des principaux imaginaires sociotechniques pour affronter la crise climatique mondiale. On lui attribue des capacités d’atténuation de cette crise à travers des outils comme la réduction des émissions de carbone, la modélisation prédictive et le suivi de la biodiversité. Néanmoins, son expansion est attachée à un récit qui promeut l’illusion d’une technologie immatérielle et déterritorialisée, capable de nous émanciper du monde physique. Cet article remet en question ce narratif à travers l’analyse d’études de cas situés sur le territoire chilien, en dialogue avec les débats contemporains autour des matérialités terrestres de l’IA dans le contexte de l’Anthropocène. Nous proposons une série d’opérations de design visant à reconnaître et à rendre visibles les interdépendances entre humains, technologies et écologies. Loin des représentations abstraites et eurocentriques de l’IA, nous analysons deux entités critiques dans la production de la numérisation : l’eau et les terres rares. À travers ces interventions, nous cherchons à ouvrir un espace qui reconnaisse les excès planétaires qui débordent les dichotomies entre technologie et environnement. Nous appuyant sur la notion d’excès développée par Marisol de la Cadena, nous proposons de mobiliser le design afin d’aborder ce qui ne peut pas être entièrement saisi ni traduit par des catégories dualistes dominantes. En revendiquant un design qui opère dans et depuis ces excès, nous souhaitons ouvrir un espace à des formes d’attention et de spéculation capables de reconnaître les temps, les processus et les entités qui, bien que fréquemment invisibilisés, sont fondamentaux pour la durabilité des systèmes technologiques contemporains.