La voix noire
Les recherches phénoménologiques de Ludwig Binswanger sur la spécificité de la temporalité mélancolique conduisent à référer à une catégorie transcendantale le sentiment de perte qui caractérise le vécu mélancolique. On doit toutefois distinguer entre le motif de la perte dans la mélancolie et le mo...
Tallennettuna:
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| Aineistotyyppi: | Article ou chapitre numérique |
| Kieli: | Français |
| Julkaistu: |
2015
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| Linkit: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Yhteenveto: | Les recherches phénoménologiques de Ludwig Binswanger sur la spécificité de la temporalité mélancolique conduisent à référer à une catégorie transcendantale le sentiment de perte qui caractérise le vécu mélancolique. On doit toutefois distinguer entre le motif de la perte dans la mélancolie et le motif du manque dont se soutient le désir (Lacan). L’objet perdu auquel « colle » le mélancolique n’est pas tant un objet empirique auquel le mélancolique se serait identifié au point de se perdre lui-même avec cet objet (Freud), que, bien plutôt, l’ objet a, dans lequel le sujet se fond au point d’abolir le manque dont procède le désir. Ainsi la voix du mélancolique apparaît-elle vidée de toute intention signifiante : une voix déliée du discours. Mais, contrairement à la « voix blanche » de la peur ou de l’angoisse, dans laquelle est encore maintenue la suspension dynamique du discours, la « voix noire » de la mélancolie abolit cette dynamique : elle est une suspension atonique. Les travaux de Nicole Loraux sur la tragédie grecque permettent de penser que cette voix noire de la mélancolie peut aussi caractériser le kommos, le chant funèbre qui fait entendre une douleur qui s’éternise et se nourrit d’elle-même. La temporalité mélancolique apparaît ainsi comme le temps de « l’entre-deux-morts ». |
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