Sherry Turkle, Seuls ensemble. De plus en plus de technologies, de moins en moins de relations humaines
L’expansion au niveau mondial des complexes résidentiels privés, fermés et sécurisés dans lesquels l’accès au non-résident est réglementé, voire totalement prohibé, est un sujet au cœur des métamorphoses des formes de l’habiter contemporain. Consubstantielles à un phénomène de privatisation de l’esp...
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Language: | Français |
| Published: |
2017
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| Online Access: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | L’expansion au niveau mondial des complexes résidentiels privés, fermés et sécurisés dans lesquels l’accès au non-résident est réglementé, voire totalement prohibé, est un sujet au cœur des métamorphoses des formes de l’habiter contemporain. Consubstantielles à un phénomène de privatisation de l’espace urbain en plein essor, celles que l’on nomme les gated communities (en France les promoteurs immobiliers préfèrent dire « résidences sécurisées ») correspondent à une perception originale de l’insécurité sociale : entre « frustration sécuritaire » et « demande éperdue de sécurité », elles tendent à répondre d’une manière tout autant originale à la question soulevée par Castel en 2003 : « qu’est-ce qu’être protégé ? ».Construite sur une série d’entretiens auprès de résidents et de responsables produits dans le sud de la France, ma recherche analyse conjointement : l’obsession sécuritaire (« la demande complètement irréaliste de sécurité »), la privatisation de la sécurité (résultante indirecte du lent affaissement de l’État social dans son rôle régalien et protecteur) et les arguments publicitaires et/ou marketing des promoteurs de ces produits immobiliers. En effet, vivre dans une gated community ce n’est pas simplement faire l’acquisition d’un bien tangible, c’est avant tout consommer un mode de vie, un bien étrange rêve de sécurité. |
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