Des maux de la misère auxmots de la « dignité »

Le volontarisme révolutionnaire, en vogue dans les milieux d’extrême-gauche à l’échelle mondiale, durant les années 1960-1970, a été mis à mal par le caractère spontané de la révolution tunisienne de janvier 2011. Cette conception qui se décline en sociologie des mobilisations par une focalisation s...

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Gorde:
Xehetasun bibliografikoak
Egile nagusia: Béchir Ayari, Michaël
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: 2011
Gaiak:
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Deskribapena
Gaia:Le volontarisme révolutionnaire, en vogue dans les milieux d’extrême-gauche à l’échelle mondiale, durant les années 1960-1970, a été mis à mal par le caractère spontané de la révolution tunisienne de janvier 2011. Cette conception qui se décline en sociologie des mobilisations par une focalisation sur le rôle des organisations et de leurs ressources est impuissante à rendre compte de la soudaine politisation des revendications immédiates (pain, travail) du sous-prolétariat tunisien. Au demeurant, cette montée en généralité aurait sans doute était impossible sans un cadrage sémantique préalable en termes de « lutte pour la dignité ». Ce cadrage, qu’aucun collectif militant n’a effectué de manière volontaire, a permis l’alliance entre les différentes catégories sociales de la société tunisienne autour d’une finalité sans ambiguïté : le départ du président Ben Ali et de la famille Trabelsi. La révolution tunisienne montre ainsi la rapidité avec laquelle les souffrances sociales les plus diverses peuvent être nommés, et partant rendus intolérables, par des mots dont le pouvoir de mobilisation est, dans certaines circonstances, plus important que celui de n’importe quelle « avant-garde ».