Les racines de la retraite pour pénibilité

Fatigue, usure et pénibilité sont des réalités premières du travail, dont l’évocation affleure dans la plupart des récits de vie ou des écrits et discours sur le travail depuis la fin du XVIIIe siècle. La connaissance de leur prise en charge n’en est pas moins restée éparse dans les travaux d’hist...

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Autore principale: Bruno, Anne-Sophie
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: 2016
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Fatigue, usure et pénibilité sont des réalités premières du travail, dont l’évocation affleure dans la plupart des récits de vie ou des écrits et discours sur le travail depuis la fin du XVIIIe siècle. La connaissance de leur prise en charge n’en est pas moins restée éparse dans les travaux d’histoire de la santé au travail. Par une analyse du traitement réservé à la question de l’usure ou de la pénibilité au travail dans les dispositifs successifs d’assurance vieillesse depuis la fin du XIXe siècle, il s’agit de mettre au jour les sources où puise l’actuelle retraite pour pénibilité et d’interroger sa nouveauté. La prise en charge de l’usure des corps a en effet oscillé, depuis la fin du XIXe siècle, entre trois modalités de compensation, fondées respectivement sur une reconnaissance médicale individuelle, une reconnaissance collective par métier ou une compensation des effets différés que des expositions avérées sont susceptibles d’avoir sur la santé des individus. L’analyse montre que tout au long du XXe siècle, c’est la première voie qui a été privilégiée, faute d’avoir réussi à mettre en place les outils nécessaires aux deux autres voies débattues.