Les malentendus de la dépendance. De l’incapacité au lien social BERNARD ENNUYER, Éditions Dunod, 2002,330 p.
Les sujets atteints de la maladie d’Alzheimer au sein de la cohorte Paquid qui ne sont pas pris en charge par un médecin spécialiste pour leurs troubles cognitifs peuvent relativement facilement en accepter les symptômes. En revanche, les malades ayant recours à un spécialiste ont plus de diffic...
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| Định dạng: | Article ou chapitre numérique |
| Ngôn ngữ: | Français |
| Được phát hành: |
2003
|
| Truy cập trực tuyến: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Tóm tắt: | Les sujets atteints de la maladie d’Alzheimer au sein de la cohorte Paquid
qui ne sont pas pris en charge par un médecin spécialiste pour leurs
troubles cognitifs peuvent relativement facilement en accepter les
symptômes. En revanche, les malades ayant recours à un spécialiste ont
plus de difficultés à les tolérer.
Nous sommes au cœur d’une problématique de la relativité culturelle
mettant en scène un processus de construction sociale d’une pathologie
dont les fondements sont à rechercher dans l’appréciation du normal et du
pathologique. Nous aborderons ces fondements par le biais des
représentations sociales.
En amont de ce phénomène et d’après les chiffres de plusieurs études
épidémiologiques internationales, perdurent chez un très grand nombre de
personnes une conception et un vécu des troubles cognitifs qui, dès lors
qu’ils touchent les personnes âgées, correspondent à une forme de
normalité appréhendée comme inhérente à une des figures du vieillir.
Comparés à des pathologies invalidantes, notamment au niveau de la
motricité, les troubles des fonctions supérieures revêtent alors un caractère
anodin et s’en trouvent banalisés.
Cette situation met ainsi en lumière plusieurs problématiques. Tout
d’abord, en terme de santé publique, elle révèle un phénomène de sous-médicalisation des démences coïncidant avec un retard de diffusion de
l’information médicale et des situations d’inégalités face à l’accès aux soins,
enfin elle pose la question du rôle central joué par le médecin traitant dans
le dépistage de cette pathologie.
Au niveau des représentations sociales, elle met en évidence l’extrême
prégnance d’une des représentations de la vieillesse où domine la perte
d’autonomie allant de pair avec les théories subjectives de l’usure et une
attitude de résignation face à tout recours thérapeutique, la persistance de
l’image du ramollissement cérébral associée à la notion de sénilité, une
perception des troubles comme transitoires liée à une focalisation sur la
préservation de la mémoire des faits anciens et enfin une attitude de
dénégation face au diagnostic d’Alzheimer, emprunt d’une image
effrayante de l’altérité. |
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