La vieillesse dans la littérature, la médecine et le droit au XIXème siècle : sociogenèse d'un nouvel âge de la vie

La critique de la société industrielle a conduit nombre de chercheurs à idéaliser un âge d’or révolu où les plus âgés auraient eu une place de choix. Ces théories ne résistent pas à l’analyse. À travers l’étude de textes littéraires, juridiques et de revues médicales du XIXème siècle, l’auteur r...

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Dades bibliogràfiques
Autor principal: Pollet, Gilles
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: 2001
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Descripció
Sumari:La critique de la société industrielle a conduit nombre de chercheurs à idéaliser un âge d’or révolu où les plus âgés auraient eu une place de choix. Ces théories ne résistent pas à l’analyse. À travers l’étude de textes littéraires, juridiques et de revues médicales du XIXème siècle, l’auteur retrace la naissance de la vieillesse en tant que groupe social. En littérature, tour à tour symbole de tempérance et de sagesse et tourné en dérision, le vieux jouit d’une image ambiguë. Son image personnelle semble se bonifier tandis que son intérêt social baisse. À la fin du XIXème siècle, il devient un personnage de premier plan dans la littérature. Le barbon du XVIIème siècle cède la place au grand-père vénéré de Victor Hugo. Ces images idéalisées ne font cependant référence qu’au vieillard riche et cultivé. Les femmes et les vieillards miséreux restent encore affublés d’une image misérabiliste. En médecine, les premières études sur les vieillards, consacrées aux femmes âgées indigentes, ont largement contribué à la diffusion de ces stéréotypes. L’hystérie, les maladies mentales et nerveuses forment la base des études médicales sur les vieillards jusqu’au milieu du XIXème siècle. Ce n’est qu’au début du XXème siècle que les vieillards sont traités comme des malades à part entière et qu’une discipline spécifique apparaît: la gériatrie. En droit, le Code civil n’attribue pas de statut particulier au vieillard. Il est citoyen à part entière. Seule la sénilité peut, à l’instar d’autres démences, justifier sa mise sous tutelle. Cependant, l’autorisation d’interner les déments (et les vieillards séniles) n’est abrogée qu’en 1838. Progressivement, le Code pénal accorde une protection spécifique aux vieillards et prévoit l’atténuation de leurs peines. Les ruptures dans la représentation des vieux ne mettent cependant pas un terme à la dichotomie classique vieillesse/sagesse et vieillesse/déchéance. À l’aube du XXème siècle, ce n’est plus tant l’âge du vieillard que son état qui le définit.