L'image de la vieillesse à la naissance de l'Europe

Attribuer le manque de reconnaissance actuelle du grand âge au seul culte du jeunisme, conséquence des révolutions technologiques, reviendrait à nier l’héritage historique de la culture européenne. L’antiquité classique et la tradition judéo-chrétienne nous éclairent sur le rôle et la place des v...

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Bibliografische gegevens
Hoofdauteur: Rosenmayr, Leopold
Formaat: Article ou chapitre numérique
Taal:Français
Gepubliceerd in: 2001
Online toegang:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Omschrijving
Samenvatting:Attribuer le manque de reconnaissance actuelle du grand âge au seul culte du jeunisme, conséquence des révolutions technologiques, reviendrait à nier l’héritage historique de la culture européenne. L’antiquité classique et la tradition judéo-chrétienne nous éclairent sur le rôle et la place des vieux dans notre société moderne. Dès le VIème siècle avant Jésus-Christ le rôle et le statut des vieux évoluent. L’avènement de la raison affaiblit le pouvoir des anciens. Le savoir individuel acquiert plus de prestige que les connaissances traditionnelles transmises par les anciens. Ce n’est plus l’âge mais l’éducation qui devient la valeur-clé. C’est à cette époque que commencent à s’exprimer les premières plaintes des vieillards qui déplorent la perte de leurs capacités physiques. Parallèlement, le public applaudit aux comédies qui mettent en scène des vieillards ridicules. Lesphilosophes désignent l’âge moyen comme le plein épanouissement de l’homme. La tradition judaïque accorde au vieillard un respect particulier, surtout lorsqu’il a été capable de produire une descendance qui pourra assurer l’immortalité de la lignée. La loi de Moïse ne lui confère cependant pas de pouvoir particulier. Seul l’ordre établi par Jahwe est légitime. Tout ordre basé sur une hiérarchie traditionnelle peut être renversé à tout moment. La position suprême de Jahwe, le Dieu unique, et la relation directe qu’il entretient avec chaque homme, quel que soit son âge, rend inutile tout culte des ancêtres. L’enseignement de Jésus-Christ est centré sur l’amour du prochain, c’est-à-dire de celui qui a besoin d’aide. L’âge et le lien de parenté n’entrent pas en ligne de compte. Lemessage du Christ s’adresse en premier lieu aux populations défavorisées qui ont une faible espérance de vie. La culture de la vieillesse n’est donc pas une préoccupation réelle pour l’Église des premiers temps. Les veuves et les vieillards doivent cependant être l’objet d’attentions particulières de la part de la communauté, comme tous les individus dans le besoin. Les anciens doivent, comme tous, se plier aux normes de la communauté. L’antiquité gréco-romaine et la tradition judéo-chrétienne ont, bien avant les autres civilisations traditionnelles, introduit le principe de l’irrelevance de l’âge.