Michel de Certeau et la question du langage
La question du langage permet de traverser l’ensemble de l’œuvre. Très tôt, la tradition mystique est apparue à Certeau comme une écriture particulière, un langage dont il importait de préciser les caractéristiques. Ce faisant, il arrachait la spiritualité aux débats théologiques insolubles où elle...
Сохранить в:
| Главный автор: | |
|---|---|
| Формат: | Article ou chapitre numérique |
| Язык: | Français |
| Опубликовано: |
2016
|
| Online-ссылка: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Итог: | La question du langage permet de traverser l’ensemble de l’œuvre. Très tôt, la tradition mystique est apparue à Certeau comme une écriture particulière, un langage dont il importait de préciser les caractéristiques. Ce faisant, il arrachait la spiritualité aux débats théologiques insolubles où elle s’était laissé enfermer. Il rencontrait en même temps les questions radicales que pose à la philosophie et à la théologie la prise au sérieux du fonctionnement du langage, depuis la crise nominaliste jusqu’à Wittgenstein et Derrida. Ainsi se sont forgées peu à peu, à distance de tout esprit de système, linguistique ou philosophique, sa pensée de l’Altérité et sa manière singulière d’investir et d’interroger les sciences sociales et les pratiques culturelles. Ainsi peut aussi se comprendre son « style » : art d’écrire (tout en litote et suggestion), art de penser (hors système, au risque d’exaspérer les docteurs), art d’exister (tout en réserve et en pudeur). Comme la sentinelle au seuil de la Loi dans Le Procès de Kafka, Certeau indique le Mystère et le défend. |
|---|