Les principes du sens commun face à la norme de l’évidence
Quiconque veut croire de manière appropriée devrait obéir à la règle de l’évidence qui veut que l’on croie que p si et seulement si l’on a des raisons suffisantes de croire qu’il est vrai que p. En tout autre cas, le doute s’impose. Pourtant, il existe des croyances qui ne respectent pas cette règ...
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| Autor principal: | |
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicat: |
2021
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| Accés en línia: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumari: | Quiconque veut croire de manière appropriée devrait obéir à la règle de l’évidence qui veut que l’on croie que p si et seulement si l’on a des raisons suffisantes de croire qu’il est vrai que p. En tout autre cas, le doute s’impose. Pourtant, il existe des croyances qui ne respectent pas cette règle : les principes du sens commun. Même si nous croyons en eux sans disposer de raisons suffisantes pour attester de leur vérité, cette attitude n’est pas intellectuellement illégitime. Ainsi, nous sommes en droit de croire que nos pouvoirs intellectuels sont fiables, à défaut de disposer de raisons suffisantes, et même en dépit de raisons de douter. Nous n’avons pas à choisir entre la suspension du jugement et la thèse fidéiste selon laquelle les principes du sens commun relèvent de la foi, conçue comme étant distincte des croyances. L’idée de Reid que les principes du sens commun sont des croyances authentiques en lesquelles nous avons confiance ou foi permet d’échapper à ce dilemme : la foi n’est pas une réponse au doute, un saut qu’on décide de faire faute de mieux. C’est une foi primitive, sans laquelle on ne peut pas évaluer l’évidence. Il en résulte que 1) une telle foi peut être conservée en dépit de raisons de douter, car elle n’est pas acquise du fait de raisons et 2) la compatibilité avec les principes du sens commun est une règle doxastique qui a priorité sur la règle de l’évidence. |
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