Une interprétation du film « Le festin de Babette » comme parabole du traumatisme
Dans cet article2, je m’appuie sur le film Le Festin de Babette pour illustrer l’impasse à laquelle aboutit souvent l’expérience de trauma complexe. Une telle expérience traumatique génère une crise de la réalité. Elle déborde le contenant rationnel. Il n’existe pas de mécanismes permettant d’appré...
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2015
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| On-line přístup: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
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cairn-RPA1_004_0057 |
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Français |
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Austérité Deuil Film Langage Musique Trauma Austerity Film Language Mourning Music Trauma Waldron, Sharn Lovering, Catherine Une interprétation du film « Le festin de Babette » comme parabole du traumatisme |
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Dans cet article2, je m’appuie sur le film Le Festin de Babette pour illustrer l’impasse à laquelle aboutit souvent l’expérience de trauma complexe. Une telle expérience traumatique génère une crise de la réalité. Elle déborde le contenant rationnel. Il n’existe pas de mécanismes permettant d’appréhender l’évènement, ce qui en rend la compréhension impossible ; et sans compréhension, point d’élaboration. Le « Festin de Babette » résume la difficulté avec laquelle est aux prises l’individu captif des rets du trauma. Bien que libérée des circonstances du trauma, Babette demeure l’habitante d’un univers austère et incolore, ses dons demeurent réprimés et son éclat voilé. La guérison provient chez Babette de sa volonté de revisiter son vrai self, un self qui a été écrasé par la charge du chagrin et du trauma. Cette exploration lui coûte tout ce qu’elle possède. Pourtant, c’est à travers ce retour sur elle-même que, non seulement elle se libère de l’austérité qui l’environne, mais qu’elle suscite dans la communauté qui l’accueille des projets et de l’espoir. Les dissonances de sa vie trouvent un écho dans celles de la communauté où elle vit. C’est l’harmonisation de ces indicibles dissonances qui finalement articulent et donnent sens à l’incohérence du trauma de Babette. |
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Waldron, Sharn Lovering, Catherine |
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Bien que libérée des circonstances du trauma, Babette demeure l’habitante d’un univers austère et incolore, ses dons demeurent réprimés et son éclat voilé. La guérison provient chez Babette de sa volonté de revisiter son vrai self, un self qui a été écrasé par la charge du chagrin et du trauma. Cette exploration lui coûte tout ce qu’elle possède. Pourtant, c’est à travers ce retour sur elle-même que, non seulement elle se libère de l’austérité qui l’environne, mais qu’elle suscite dans la communauté qui l’accueille des projets et de l’espoir. Les dissonances de sa vie trouvent un écho dans celles de la communauté où elle vit. C’est l’harmonisation de ces indicibles dissonances qui finalement articulent et donnent sens à l’incohérence du trauma de Babette.In this paper I use the film Babette’s Feast as a parable to portray the impasse that often arises out of the experience of complex trauma. The experience of such trauma invokes a crisis of reality. It overflows the boundaries of rational containment. There are no mechanisms with which to apprehend such an event, and consequently it cannot be comprehended; because it cannot be comprehended it cannot be processed. The film Babette’s Feast encapsulates the predicament of the individual ensnared in the web of trauma. Although removed from the location and events of her trauma, Babette remains the resident of an austere and colourless environment, her gifts repressed, her brilliance unseen. Healing comes to Babette through her willingness to revisit her true self, a self that has been crushed under the weight of grief and trauma. This revisiting costs her all she has. Yet, it is in this revisiting that she not only frees herself from the austerity of her environment but also engenders purpose and hope within the community who have taken her in. The dissonance of her life is paralleled by the dissonance of the life of the community in which she lives; it is the harmonizing of these dissonances which cannot be spoken that finally gives articulation to the incoherence of Babette’s trauma.En este artículo, me apoyo en la película “El festín de Babette” para ilustrar el impasse en el que acaba a menudo la experiencia de trauma compleja. Semejante experiencia traumática genera una crisis de realidad. Desborda el contenedor racional. No existen mecanismos que permitan aprehender el acontecimiento lo cual hace imposible la comprensión; y sin comprensión no hay elaboración. El “Festín de Babette” resume la dificultad a la cual se enfrenta el individuo cautivo en las redes del trauma. Aunque esté liberada de las circunstancias del trauma, Babette sigue siendo la habitante de un universo austero e incoloro, sus aptitudes siguen reprimidas y su brillo velado. La sanación proviene en Babette de su voluntad de revisitar su verdadero self, un self que ha sido aplastado por la carga de la pena y del trauma. Esta exploración le cuesta todo lo que posee. No obstante a través de este retorno hacia ella misma no sólo se libera de la austeridad que a rodea sino que suscita proyectos y esperanzas en la comunidad que la acoge. Las disonancias de su vida encuentran un eco en las de la comunidad donde vive. La armonización de esas disonancias indecibles son las que finalmente articulan y dan sentido a la incoherencia del trauma de Babette.In diesem Beitrag3 betrachte ich den Film „Babette Fest” als eine Parabel um die Sackgasse zu skizzieren, die sich oftmals aus dem Erleiden eines komplexen Traumas ergibt. Die Erfahrung eines solchen Traumas ruft eine Realitätskrise hervor. Die Grenzen des rational Auffangbaren werden überflutet. Es gibt keine Mechanismen, mit denen ein solches Ereignis erfasst werden könnte und deswegen kann es nicht begriffen, kann es nicht verarbeitet werden. Der Film „Babette Fest” verkapselt die Zwangslage des Individuums, das in das Gespinst des Traumas verstrickt ist. Obgleich sie vom Ort und den Ereignissen ihres Traumas entfernt ist, bleibt Babette die Einwohnerin einer strengen und farblosen Umgebung, ihre Gaben sind unterdrückt, ihre Brillanz bleibt ungesehen. Die Heilung wird Babette durch ihre Bereitschaft ermöglicht, ihr wahres Selbst wiederzusuchen, ein Selbst, das unter der Last von Trauer und Traumatisierung zerdrückt worden war. Die Wiederbegegnung kostet sie alles was sie hat. Dennoch liegt in dieser Wiederbegegnung nicht nur ihre Selbstbefreiung von Einschränkungen durch ihre Umgebung, sondern auch die Erzeugung von Bestimmung und Hoffnung in der Gemeinschaft, die sie aufgenommen hat. Die Dissonanz ihres Lebens findet ihre Parallele in der Dissonanz des Lebens der Gemeinschaft in der sie lebt; es ist die Harmonisierung dieser unaussprechbaren Dissonanzen, die am Ende eine Artikulation der Inkohärenz von Babettes Trauma darstellt.In questo articolo mi soffermo sul film « Il Pranzo di Babette » per illustrare l ’impasse al quale conduce spesso l’esperienza di un trauma complesso. Una simile esperienza traumatica genera una crisi del sentimento di realtà che deborda il contenuto razionale. Non esistono meccanismi che permettono di apprendere l’evento, in realtà. Ragion per cui la comprensione di quanto accade è resa impossibile. E senza comprensione non può esserci elaborazione. « Il Pranzo di babette » riassume la difficoltà con la quale è alle prese l’individuo catturato nella rete del trauma. Ben lungi dall’essersi liberata dalle circostanze del trauma, Babette abita lo spazio di un universo austero e incolore. La guarigione arriva a Babette dalla sua volontà di rivisitare il suo vero Sé, un Sé che è stato lacerato da peso del dolore e del trauma. Questa esplorazione le costa tutto ciò che possiede. Pertanto è attraverso questo ritorno a se stessa che , non soltanto si libera dall’austerità che la circonda, ma riesce a suscitare nella comunità che l’accoglie, progettualità e speranza. Le dissonanze della sua vita trovano un’eco in quelle presenti nella comunità dove vive. E’ l’armonizzazione di queste indicibili dissonanze che finalmente si articolano e donano senso all’incoerenza del trauma di babette.Neste artigo, eu utilizo o filme “A festa de Babette” para ilustrar o impasse que frequentemente resulta da experiência do trauma complexo. Uma experiência traumática como essa gera uma crise de realidade. Ela ultrapassa as fronteiras da contenção racional. Não há mecanismos que permitam apreender tal evento, o que torna a sua compreensão impossível: e, sem compreensão, não há elaboração. “A festa de Babette” sintetiza a dificuldade com a qual se depara o indivíduo cativo das redes do trauma. Embora liberada das circunstâncias do trauma, Babette continua sendo a habitante de um universo austero e incolor, seus dons permanecem reprimidos e seu brilho velado. A cura chega a Babette a partir da sua vontade de revisitar o seu verdadeiro eu, um eu que foi esmagado pelo peso da mágoa e do trauma. Essa revisitação lhe custa tudo o que possui. Contudo, é através desse voltar-se para si mesma que ela não só se libera da austeridade que a cerca, mas também suscita projetos e esperança na comunidade que a acolhe. As dissonâncias da sua vida encontram um eco nas da comunidade onde ela vive. É a harmonização dessas dissonâncias indizíveis que finalmente articula e dá sentido à incoerência do trauma de Babette.Cairn restricted access |