Les Gavroches de 1848. Enfance combattante et justice d’exception après les journées de Juin

L’analyse des procédures administratives et des interactions judiciaires auxquelles les plus jeunes inculpés d’insurrection furent confrontés après les journées de Juin 1848 montre que la juridiction d’exception ouverte par le décret adopté dans la nuit du 27 juin ne leur aménagea aucune place parti...

Description complète

Enregistré dans:
Détails bibliographiques
Auteur principal: Frondizi, Alexandre
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2023
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:L’analyse des procédures administratives et des interactions judiciaires auxquelles les plus jeunes inculpés d’insurrection furent confrontés après les journées de Juin 1848 montre que la juridiction d’exception ouverte par le décret adopté dans la nuit du 27 juin ne leur aménagea aucune place particulière. En la leur refusant sciemment, en mettant en sourdine le Code pénal, l’Assemblée, les commissions militaires et le pouvoir exécutif soumirent ces enfants aux mêmes conditions de jugement et de captivité que les adultes. Mais cette justice d’État rencontra la résistance des enfants arrêtés, de leurs parents, et même de certains de leurs juges d’instruction, qui plaidèrent la circonstance atténuante du jeune âge et réussirent à faire entrer dans cette juridiction d’exception des éléments de droit commun. Ce contraste entre les effets d’une justice de face-à-face et ceux d’une justice à distance révèle les dangers d’une justice exclusivement de papier où les inculpés n’étaient qu’un nom sans âge ni visage et, pour d’aucuns, que des insurgés sans foi ni loi.