Des instruments d’optique comme pièges. De l’anthropologie historique du regard à sa politisation

Cet article examine la façon dont, au cours de la seconde moitié du xixe siècle surtout, une série de dispositifs optiques ( camera obscura, miroir, photographie) et la technique du portrait ont pris au piège tour à tour l’âme, l’esprit et le regard. En effet, pour un grand nombre de personnes (« s...

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Detalles Bibliográficos
Autor principal: Maillet, Arnaud
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: 2020
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:Cet article examine la façon dont, au cours de la seconde moitié du xixe siècle surtout, une série de dispositifs optiques ( camera obscura, miroir, photographie) et la technique du portrait ont pris au piège tour à tour l’âme, l’esprit et le regard. En effet, pour un grand nombre de personnes (« sauvages », habitants de contrées reculées, ignorants, incultes et nomades), ces instruments d’optique et les portraits réalisés avec ont constitué un réel danger de mort, leur âme leur étant arrachée pour être mise en image. Par-delà le côté amusé ou railleur des anecdotes rapportant ces faits, on perçoit la véritable stratégie idéologique qui consistait à portraiturer toutes ces personnes. Prendre leur portrait était une manière de prendre leurs âme, identité et personnalité pour les aliéner et les faire entrer de force dans la modernité de la civilisation industrielle et capitaliste.