De Baudelaire à Villiers : les envers ironiques de la charité

Baudelaire et Villiers de l’Isle-Adam portent sur l’acte charitable et celui qui l’accomplit un regard qui diffère de l’habituel concert de louanges et ne va pas sans ironie. Ce qui est d’abord critiqué, c’est l’hypocrisie charitable, et surtout la bonne conscience qui accompagne la charité. La char...

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Main Author: Noiray, Jacques
Format: Article ou chapitre numérique
Language:Français
Published: 2018
Online Access:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Summary:Baudelaire et Villiers de l’Isle-Adam portent sur l’acte charitable et celui qui l’accomplit un regard qui diffère de l’habituel concert de louanges et ne va pas sans ironie. Ce qui est d’abord critiqué, c’est l’hypocrisie charitable, et surtout la bonne conscience qui accompagne la charité. La charité vraie devrait reposer sur un échange équitable que l’aumône d’argent ne permet pas. Cet échange passe par le regard. La relation qui s’établit est alors de sympathie, mais surtout de curiosité. Liée à l’imagination, la curiosité est inséparable de l’acte poétique. Charité et poésie, sous le signe de l’imagination, tendent à se confondre dans la création d’une légende de l’être souffrant qui devient pour le poète plus vraie que la réalité même. Mais comme elle est acte d’amour, la relation charitable devient aussi désir de projection dans autrui et de possession d’autrui. Elle s’apparente à une prostitution. Elle se charge de sensualité et même de cruauté. Dans un monde marqué par la malédiction de la Chute, seule l’ironie peut qualifier une charité dégradée qui ne peut aboutir qu’au grotesque. C’est ce qu’expriment Baudelaire et Villiers, l’un dans « Assommons les pauvres », l’autre dans « Les délices d’une bonne œuvre ».