Violaine Heyraud (dir.). Feydeau, la plume et les planches. Paris, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2014, 244 p.

En avril 1984, l’écrivain Philippe Muray publiait un gros livre intitulé Le xixe siècle à travers les âges qui fit forte impression. Il se présentait comme un projet d’archéologie culturelle du monde contemporain fondé sur l’idée de « dixneuviémité », celle-ci désignant à la fois l’esprit du xi...

Descripció completa

Guardat en:
Dades bibliogràfiques
Autor principal: Barut, Benoît
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: 2016
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripció
Sumari:En avril 1984, l’écrivain Philippe Muray publiait un gros livre intitulé Le xixe siècle à travers les âges qui fit forte impression. Il se présentait comme un projet d’archéologie culturelle du monde contemporain fondé sur l’idée de « dixneuviémité », celle-ci désignant à la fois l’esprit du xixe siècle et une tendance de l’esprit humain auquel le xixe siècle historique aurait donné forme et place dans la culture. Au cœur de cette « dixneuviémité » se trouvait selon l’auteur l'« occulto-socialisme » − l'« ocsoc » en abrégé −, un mélange de progressisme politique et de religiosité hétérodoxe dont Hugo incarnait le type le plus achevé. La thèse, volontairement polémique, est illustrée par tout un voyage dans la littérature du siècle, grande et petite, d’imagination et de doctrine, au cours duquel Muray évalue la part variable de « dixneuviémité » de ses différents protagonistes. L’ouvrage est devenu un classique paradoxal de l’historiographie du xixe siècle qui continue de susciter chez les spécialistes des réactions très contrastées. Si sa dimension littéraire est évidente, Muray y déploie bel et bien un certain type d’opération historiographique qui a prouvé sa fécondité par sa capacité à proposer une vision singulière du siècle, à inventer de nouveaux objets et par certaines de ses thèses qui, aujourd’hui encore, sont susceptibles de faire réfléchir.