Octave Crémazie. « L’héroïque poème » des Canadiens

Même si Garneau, Aubert de Gaspé père et fils, Crémazie ou Fréchette sont loin de pouvoir rivaliser avec Thoreau, Emerson, Melville ou Whitman, la littérature canadienne française s’ouvre, comme aux États-Unis au xixe siècle, sur un projet « national » d’inspiration épique. Octave Crémazie (1827-...

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Autor principal: Combe, Dominique
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: 2016
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:Même si Garneau, Aubert de Gaspé père et fils, Crémazie ou Fréchette sont loin de pouvoir rivaliser avec Thoreau, Emerson, Melville ou Whitman, la littérature canadienne française s’ouvre, comme aux États-Unis au xixe siècle, sur un projet « national » d’inspiration épique. Octave Crémazie (1827-1879), qui incarne la figure romantique du poète national, y contribue par des poèmes patriotiques. Mais, loin de l’optimisme des premiers écrivains des États-Unis, Crémazie, lui-même marqué par son exil en France, reste hanté par les spectres de la perte de la Nouvelle-France. Les deux épisodes décisifs de l’histoire de « l’Amérique française » – Fort-Carillon, les Plaines d’Abraham – forment ainsi un diptyque de la désillusion, de la victoire à la défaite. L’épopée, qui célèbre la gloire mélancolique des vaincus, est placée sous le signe de l’échec, de la perte et du deuil. Crémazie en vient à désespérer d’une littérature « canadienne » qu’il appelait pourtant de tous ses vœux.