De l'épigastre au ventre : œconomia animale et économie du corps social

Topos de la pensée du Vivant, l’association du principe vital au processus de la nutrition semble consacrer, au XIXe siècle, la suprématie d’un organe qui proposait l’avantage de concilier l’ancien discours des alchimistes et l’optique de la physiologie héritée des Lumières. En popularisant l’image...

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1. Verfasser: Marquer, Bertrand
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: 2011
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Beschreibung
Zusammenfassung:Topos de la pensée du Vivant, l’association du principe vital au processus de la nutrition semble consacrer, au XIXe siècle, la suprématie d’un organe qui proposait l’avantage de concilier l’ancien discours des alchimistes et l’optique de la physiologie héritée des Lumières. En popularisant l’image du « triumvirat, trépied de la vie », constitué du cerveau, du cœur, et de l’estomac, Théophile de Bordeu a en effet joué un rôle central dans l’élaboration d’une configuration, tant anatomique qu’idéologique, dans laquelle le « second cerveau, placé dans le diaphragme » ( Le Cousin Pons) fait figure d’organe primus inter pares, à l’image d’une classe bourgeoise se définissant, elle aussi, comme médiane et centrale. Relayée par une gastronomie conçue comme un art de vivre en société, la nouvelle œconomia animale issue de la physiologie lie ainsi étroitement les représentations du Vivant aux représentations sociales, et dessine les contours d’un organicisme à vocation transdisciplinaire, et paradigmatique. À travers l’affirmation de la centralité de l’estomac se joue l’instauration d’une norme et d’un écart, dont la littérature est tour à tour le relais critique et ironique.