Sculpter l'indicible : crises de l'allégorie autour de 1848
L’allégorie sculptée envahit l’espace public comme les intérieurs de la bourgeoisie à partir du milieu du XIXe siècle. Le phénomène est paradoxal car la statuaire et l’allégorie sont l’une et l’autre déconsidérées. La crise qui les touche est d’abord esthétique. Le Romantisme promeut le symbole et...
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| 1. Verfasser: | |
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprache: | Français |
| Veröffentlicht: |
2011
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| Online Zugang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Zusammenfassung: | L’allégorie sculptée envahit l’espace public comme les intérieurs de la bourgeoisie à partir du milieu du XIXe siècle. Le phénomène est paradoxal car la statuaire et l’allégorie sont l’une et l’autre déconsidérées. La crise qui les touche est d’abord esthétique. Le Romantisme promeut le symbole et Baudelaire stigmatise cet « art de Caraïbes » qu’est la sculpture. Le discrédit est aussi politique. Après avoir triomphé pendant la Révolution, la statuaire allégorique semble impuissante à incarner les idéaux républicains en 1848. Cette étude de la Fontaine Saint-Michel propose l’hypothèse que l’allégorie acquiert un fonctionnement symbolique au début du Second Empire. Érigée au cœur du nouveau Paris et sur les ruines des combats de juin 1848, elle place la cité et la nation sous la protection d’un archange victorieux du Diable, incarnation d’une république sociale, encadré des deux chimères représentant ses « faux systèmes » politiques. Suggérée par Jules Castagnary, cette interprétation ne devait pas être perçue par la foule des trottoirs. Omniprésente, l’allégorie était devenue une marchandise proliférant sur les bibelots des salons, aux devantures des boutiques ou sur les places publiques, une de ses « fantasmagories » décrites par Walter Benjamin. |
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