Le « pouvoir d'une description bien faite » : Charcot et Huysmans

Cette contribution tente de cerner la voie esthétique d’une influence médicale, en prenant pour exemple révélateur la réutilisation, par Huysmans, de la Grande Hystérie définie par Charcot. Loin de se limiter à un corpus théorique, le savoir clinique de la Salpêtrière est en effet avant tout associ...

Ausführliche Beschreibung

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Bibliographische Detailangaben
1. Verfasser: Marquer, Bertrand
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: 2009
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beschreibung
Zusammenfassung:Cette contribution tente de cerner la voie esthétique d’une influence médicale, en prenant pour exemple révélateur la réutilisation, par Huysmans, de la Grande Hystérie définie par Charcot. Loin de se limiter à un corpus théorique, le savoir clinique de la Salpêtrière est en effet avant tout associé, pour les écrivains de la fin du siècle, à un « savoir-représenter », qualité éminemment esthétique que Charcot prête lui-même à la peinture démoniaque de Rubens, pour la convertir en une parfaite description clinique de la Grande Hystérie. Alors que la littérature naturaliste transpose l’analogie entre possession et hystérie en l’accompagnant de l’argumentaire anticlérical popularisé par la Salpêtrière, Huysmans choisit, pour des raisons idéologiques, un chemin de traverse, mais conserve au type pathologique de la Grande Hystérie sa pertinence, tout en en faisant l’indice d’un mystère signifiant la faillite de l’optique clinique. L’auteur de Là-bas semble ainsi ne conserver du savoir de la Salpêtrière que son aura esthétique, et prendre à la lettre le « pouvoir » que Charcot reconnaît à « une description bien faite ».