De Nerval à Gautier, l'empiègement romantique du trajet de l'âme

Dans L’Âne d’or, Apulée met en scène avec l’histoire de Psyché l’allégorie d’un trajet initiatique de l’âme qui réintègre sa nature divine, légitimement unie au terme de ses épreuves au dieu Amour. Il est intéressant de voir comment Nerval et Gautier, ces frères en romantisme, actualisent ce gra...

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Autore principale: Née, Patrick
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: 2008
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Dans L’Âne d’or, Apulée met en scène avec l’histoire de Psyché l’allégorie d’un trajet initiatique de l’âme qui réintègre sa nature divine, légitimement unie au terme de ses épreuves au dieu Amour. Il est intéressant de voir comment Nerval et Gautier, ces frères en romantisme, actualisent ce grand schème néoplatonicien (dont l’un se réclame explicitement, et l’autre, implicitement), en particulier dans un ensemble de textes prenant la région napolitaine et ses mythes pour cadre, sous le signe d’Isis : « Isis » et « Octavie » pour l’un (mais aussi le Voyage en Orient ou Aurélia), « Arria Marcella » et « Jettatura » pour l’autre (mais aussi le Roman de la momie). On constate alors que chez Nerval la structure initiatique mise en place n’aboutit qu’au culte mélancolique et mortifère d’une mère-idole ; alors que chez Gautier, les mêmes prédispositions n’engendrent pas les mêmes effets, par suite de la constitution fétichiste de son désir comme de la représentation qu’il se fait de l’art. Mais là où Gautier recouvre l’angoisse du manque des fastes de son esthétisme, Nerval sait en communiquer la douleur à ses lecteurs en des moments d’exceptionnelle intensité.