L'anti-kantisme dans les morales fin de siècle

Les années 1890 sont marquées par une réaction morale dirigée contre le dilettantisme, la science, le pessimisme. On invoque, contre l’individualisme, un devoir d’appartenance, de solidarité, d’enracinement. Ce schéma binaire et polémique ne rend pas compte, toute-fois, de la complexité des débat...

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Bibliografiske detaljer
Hovedforfatter: Cabanès, Jean-Louis
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: 2008
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:Les années 1890 sont marquées par une réaction morale dirigée contre le dilettantisme, la science, le pessimisme. On invoque, contre l’individualisme, un devoir d’appartenance, de solidarité, d’enracinement. Ce schéma binaire et polémique ne rend pas compte, toute-fois, de la complexité des débats. On voit se développer, dès 1884-1885, des morales qui tendent à se concilier avec la science et qui en appellent à la vie pour régler la vie, tout en s’opposant simultanément au néo-kantisme de Renouvier et au pessimisme de Schopenhauer. C’est donc une petite cartographie des polémiques que l’on a voulu mettre en évidence, en faisant dialoguer Jean-Marie Guyau et Frédéric Rauh. Ces affrontements ont parfois des prolongements esthétiques. Guyau et Tarde qui, au nom de la sociologie, voient dans l’art un ferment d’harmonie sociale et morale, se différencient en ce domaine du kantisme, même si Charles Renouvier a essayé de jeter un pont entre esthétique et éthique. Les oeuvres littéraires s’enrichissent de ces conflits auxquels elles participent à leur manière. On a ainsi cherché à montrer ce qui relie Le Docteur Pascal à la « morale sans obligation ni sanction » de Jean-Marie Guyau, et tenté de dégager la dimension politique de l’antikantisme dans Les Déracinés. Avant l’affaire Dreyfus, il apparaît que les systèmes de valeurs dont se réclament Zola et Barrès sont parfaitement inverses et symétriques.