Le placement familial des aliénés en France. Le baron Mundy et l'Exposition universelle de 1867

Dans les années 1860, la médecine aliéniste et le système asilaire furent violemment pris à partie. À l’asile fermé traditionnel, mouroir sinistre où l’état des patients empirait au lieu de s’améliorer, les réformateurs opposèrent un nouveau modèle : celui de la « coloni~sation familiale ». Le sy...

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Autore principale: MUELLER, Thomas
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: 2008
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Dans les années 1860, la médecine aliéniste et le système asilaire furent violemment pris à partie. À l’asile fermé traditionnel, mouroir sinistre où l’état des patients empirait au lieu de s’améliorer, les réformateurs opposèrent un nouveau modèle : celui de la « coloni~sation familiale ». Le système belge de la petite ville de Gheel, où les aliénés étaient pris en charge dans des familles sous la supervision d’une équipe médicale et sous la surveillance des autorités administratives, devint alors un symbole « d’anti-asile ». Les patients y étaient libres, ils contribuaient au bien commun : il s’agissait, en somme, d’un système d’intégra~tion et non d’exclusion de la folie. Dans ce combat entre tenants de la doctrine de l’asile et de « l’isolement thérapeutique » et partisans du placement familial, un individu joua un rôle prépondérant : le baron Jaromir von Mundy. Médecin militaire de formation, membre la haute société et polyglotte, Mundy se fit le propagandiste infatigable de la « colonisation familiale », modèle qu’il contribua à faire connaître dans toute l’Europe. Cet article cherchera à comprendre les raisons de cet engagement, et s’attachera ensuite à retracer plus particulièrement l’influence que Mundy eut sur la scène psychiatrique fran~çaise, éclairant ainsi un épisode méconnu de l’histoire psychiatrique du XIXe siècle.