Le siècle de la « métromanie »  : usages sociaux et politiques de la poésie dans la France de la Restauration

Les excursions en terres littéraires sont chose malaisée pour l’historien. En dépit de l’extension considérable de son territoire, du renouvellement de ses objets et de ses questionnements, la littérature demeure souvent aux marges incertaines de son travail, par excès de cloisonnement ou par a p...

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Bibliografische gegevens
Hoofdauteur: Legoy, Corinne
Formaat: Article ou chapitre numérique
Taal:Français
Gepubliceerd in: 2008
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Omschrijving
Samenvatting:Les excursions en terres littéraires sont chose malaisée pour l’historien. En dépit de l’extension considérable de son territoire, du renouvellement de ses objets et de ses questionnements, la littérature demeure souvent aux marges incertaines de son travail, par excès de cloisonnement ou par a priori épistémologiques. L’objet, certes, est encombrant : impossible d’en faire un simple témoignage ou une citation subsidiaire au discours historique, illusoire d’y chercher un reflet, plus ou moins lisible, d’un réel postulé indépendant, vain, enfin, de n’y traquer que les modes socialement et historiquement marqués d’interprétation des événements. L’objet, pourtant, est incontournable : comment penser l’histoire sans oser s’attaquer à ce qui, de part en part, lui donne sa couleur ? Comment se résoudre à admettre que « tout ce qui a été » n’est pas « digne » d’elle 1 ? Cet article fait donc le pari d’une histoire possible de la pratique poétique au XIXe siècle, dans la confluence des approches et sans cantonnement des regards. Il explore, pour cela, les multiples signes de la présence de la poésie dans la France du premier XIXe siècle, ses usages politiques, son poids culturel et social. Au fil des rites de sociabilité, des exercices scolaires, des conventions sociales, des grands et petits noms des lettres, des fêtes de souveraineté et des manifestations d’engagement, s’ouvre ainsi à nos curiosités tout un continent délaissé.