Austen Janet Todd, The Cambridge Introduction to Jane Austen, Cambridge, Cambridge University Press, 2006,152 p.

Si l’appel de l’Ailleurs, vieux comme tous les rêves d’Arcadie ou d’Eldorado, n’a pas attendu le romantisme pour se manifester, il est de fait qu’un changement radical dans l’état du monde coïncide avec son moment historique. Telle page du finale des Mémoires d’outre-tombe note (avec nostalgie)...

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Bibliographic Details
Main Author: Jumeau, Alain
Format: Article ou chapitre numérique
Language:Français
Published: 2007
Online Access:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Summary:Si l’appel de l’Ailleurs, vieux comme tous les rêves d’Arcadie ou d’Eldorado, n’a pas attendu le romantisme pour se manifester, il est de fait qu’un changement radical dans l’état du monde coïncide avec son moment historique. Telle page du finale des Mémoires d’outre-tombe note (avec nostalgie) qu’« il n’y a pas un coin de notre demeure qui soit actuellement ignoré », ce qui exclut qu’on puisse encore explorer (même si la colonisation de toute la terre ne s’est pas encore techniquement achevée), mais ce qui engage à ce que se déploie sur un tout autre plan – métaphysique et métapsychique – un désir d’Ailleurs. Je voudrais en rendre sensible les maux au travers d’une œuvre qu’on n’a pas l’habitude d’envisager sous cet angle : celle de Mallarmé, qui s’en trouve me semble-t-il littéralement hantée. Si l’ensemble de la poétique mallarméenne subit la profonde réorientation de la double découverte du « Néant », puis de « la Beauté » au printemps et à l’été 1866, autre~ment dit, si Mallarmé fait la découverte de l’écroulement du suprasensible sur quoi fonder métaphysiquement la valeur poétique, c’est aussitôt la croyance toujours obscuré~ment néoplatonicienne (et du même coup aisément christianisée) en une remontée jusqu’à un Ailleurs originaire qui, retrouvé, permettrait au sujet de réintégrer sa part divine, qui s’effondre.