« Ô Saisons, Ô Châteaux » : Châteaux et littérature, des Lumières à l’aube de la Modernité (1764-1914), études réunies et présentées par Pascale Auraix-Jonchière, Presses Universitaires Blaise Pascal, 2002, 385 p.

Pour l'histoire de la culture et de la littérature, fondements déterminants de la pensée de l'Histoire, il convient de parler d' Âge romantique (de 1778 à 1989) et non de période ou d'époque contemporaine. Cela n'enlève rien à la spécificité des Romantismes européens et ne...

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Detalles Bibliográficos
Autor Principal: Peyrache-Leborgne, Dominique
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: 2006
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:Pour l'histoire de la culture et de la littérature, fondements déterminants de la pensée de l'Histoire, il convient de parler d' Âge romantique (de 1778 à 1989) et non de période ou d'époque contemporaine. Cela n'enlève rien à la spécificité des Romantismes européens et ne nie pas l'originalité des esthétiques qui les ont suivis pour affirmer, dans le mouvement même de la nouvelle conscience établie, leur différence symphonique. C'est ce qu'indique un examen de la conception des moyens de l'expression du sens par le langage verbal aux XIXe et XXe siècles. L'essence et la finalité de l' Âge romantique ne sauraient être abstraits, notamment, de la nécessité ressentie pour le langage verbal artistement exercé de prendre une nouvelle position face aux évidences théoriques et aux performances pratiques des sciences et des techniques, tout imbues de rationalité, et face à leur conquête progressive des « sciences humaines ». C'est ainsi que le champ de la littérature s'est vu de plus en plus condamné à l'alternative d'un double confinement : d'un côté, l'ordre d'un sacré sans transcendance, c'est-à-dire le décorum de la doxa ; de l'autre côté, l'ordre des imaginaires et de la fiction, c'est-à-dire l'univers des loisirs. Manquant, face aux discours technoscientfiques efficaces, d'ancrage convaincant dans le réel, et ayant épuisé les ressources initiales de sa révolution esthétique (faire du génie la source aussi bien de la rationalité du monde que de l'absolu de l'homme), la littérature de l' Âge romantique se trouve, aujourd'hui, réduite à un matériau pour sciences humaines ou condamnée à se prétendre, en dépit de toute norme, l'ultime revendication de la liberté de parole (dire tout, n'importe quoi, se taire, n'importe comment). Le phénix de l'expression renaît cependant des cendres de l' Âge romantique pour introniser peu à peu un nouveau régime du sens et de la rhétorique, fondé sur une analyse attentive des discours et sur un usage modeste du langage. Cette rénovation présente de remarquables analogies avec celle qu'a connue le XVe siècle, où Lorenzo Valla, plus que tout autre sans doute, a compris que tout art de dire, de savoir et d'enseigner est fondé sur l'adéquation de la langue au réel tel qu'il peut être directement connu.