Contrôle cognitif et contrôle des langues dans l’aphasie bilingue : apport des études récentes

L’aphasie est aujourd’hui de plus en plus abordée dans son interaction avec le contrôle cognitif. Plusieurs manifestations des difficultés langagières chez les bilingues aphasiques suggèrent une perturbation des mécanismes de contrôle. Cette hypothèse en faveur d’un déficit sous-jacent du contrôle c...

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Библиографические подробности
Главные авторы: Ezzedine, Nour, Köpke, Barbara, de Boissezon, Xavier
Формат: Article ou chapitre numérique
Язык:Français
Опубликовано: 2026
Предметы:
Online-ссылка:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Описание
Итог:L’aphasie est aujourd’hui de plus en plus abordée dans son interaction avec le contrôle cognitif. Plusieurs manifestations des difficultés langagières chez les bilingues aphasiques suggèrent une perturbation des mécanismes de contrôle. Cette hypothèse en faveur d’un déficit sous-jacent du contrôle cognitif dans l’aphasie bilingue est en cohérence avec le modèle du contrôle inhibitoire de Green [1]. Ce modèle stipule que l’inhibition joue un rôle majeur dans la production verbale chez un locuteur bilingue qui doit choisir entre plusieurs langues. Ainsi, l’objectif de cette revue est de proposer une synthèse des travaux s’intéressant à la relation entre le contrôle cognitif et le contrôle des langues dans l’aphasie bilingue. À travers une revue narrative portant sur vingt-six études, nous analysons les approches cliniques et expérimentales utilisées pour évaluer cette relation ainsi que les facteurs qui pourraient l’influencer (en lien avec le bilinguisme et l’aphasie).Les résultats de cette revue soulignent des méthodologies disparates pour l’évaluation des deux domaines de contrôle et des performances hétérogènes chez les patients bilingues aphasiques tant au niveau des fonctions évaluées qu’au niveau de la nature spécifique ou générale du contrôle. Bien qu’ils soient hétérogènes, les résultats tendent vers un dysfonctionnement des fonctions exécutives chez ces patients avec une spécificité de l’atteinte du contrôle des langues. Ces résultats restent à nuancer selon la sévérité de l’aphasie, les modes de récupération et les compétences bilingues prémorbides. Pour mieux comprendre la relation entre les deux types de contrôle et les facteurs qui l’influencent, les recherches futures devront s’appuyer sur des méthodologies plus fines. Celles-ci incluent des définitions précises du contrôle des langues, des outils d’évaluation adaptés et des études de cohorte mieux contrôlées, tenant compte des multiples facteurs de variation liés au bilinguisme et à l’aphasie.