De Maurice Halbwachs aux nouvelles sciences de la mémoire : conséquences théoriques et pratiques

Cet article rend hommage au philosophe et sociologue français Maurice Halbwachs (1877-1945), et plus précisément à son ouvrage fondateur Les cadres sociaux de la mémoire (1925), paru il y a tout juste un siècle. Outre le fait que ce livre débute par l’histoire romancée d’une jeune amnésique, il conc...

Descripció completa

Guardat en:
Dades bibliogràfiques
Autors principals: Orianne, Jean-François, Da Costa Silva, Lucie, Laisney, Mickael, Quinette, Peggy, Eustache, Francis
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: 2026
Matèries:
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripció
Sumari:Cet article rend hommage au philosophe et sociologue français Maurice Halbwachs (1877-1945), et plus précisément à son ouvrage fondateur Les cadres sociaux de la mémoire (1925), paru il y a tout juste un siècle. Outre le fait que ce livre débute par l’histoire romancée d’une jeune amnésique, il concerne directement les neuropsychologues, car il étend le concept de mémoire, jusqu’ici individuelle pour les psychologues, au contexte social. Le passé n’est pas simplement revécu, mais reconstruit à partir des cadres sociaux. C’est une forme d’impérialisme sociologique qui se concrétise ici par l’ambition d’établir une explication entièrement sociologique de la mémoire humaine. Ainsi, pour Halbwachs, la mémoire individuelle serait le résultat d’un dialogue permanent avec la société. Si cet auteur a fortement marqué sa discipline, légataire direct d’Émile Durkheim, son œuvre est restée longtemps étrangère aux psychologues et aux neuroscientifiques. Les choses ont évolué depuis une vingtaine d’années dans le cadre du « tournant social » des neurosciences et des nouvelles sciences de la mémoire. Cet article met l’emphase sur cette évolution notable et plusieurs de ses conséquences théoriques, notamment autour des concepts de mémoire collective et de mémoire sociale, avec des applications importantes en psychopathologie et en neuropsychologie. Nous décrivons ensuite un modèle (Orianne et al., 2025) qui insiste sur l’articulation entre mémoire individuelle, mémoire collective et mémoire sociale. Celui-ci « revisite » le concept de mémoire autobiographique en l’inscrivant résolument dans les interactions avec autrui et avec la société. Enfin, nous le mettons à l’épreuve avec certaines modifications de la mémoire survenant dans le trouble de stress post-traumatique.