Fission et prison

Traditionnellement mobilisés en métaphysique, les cas de fission – qui mettent en scène la duplication d’états mentaux d’un individu afin qu’ils soient instanciés par d’autres individus – suscitent l’intuition suivante : une action accomplie avant une fission devrait être imputée aux individus qui e...

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Auteurs principaux: Gaultier, Benoit, Grandjean, Vincent
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2026
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id cairn-RMM_262_0047
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spelling cairn-RMM_262_0047RMMRevue de métaphysique et de morale https://shs.cairn.info/revue-de-metaphysique-et-de-morale-2026-2-page-47?lang=fr https://doi.org/10.3917/rmm.262.0047 Fission et prison Gaultier, BenoitGrandjean, Vincent2026 attribuabilitécontinuité psychologiquefissionidentité personnellejusticeattributabilityfissionjusticepersonal identitypsychological continuityfre Revue de métaphysique et de morale | 126 | 2 | 2026-06-10 | p. 47-65 | 0035-1571 RMM_26267 Traditionnellement mobilisés en métaphysique, les cas de fission – qui mettent en scène la duplication d’états mentaux d’un individu afin qu’ils soient instanciés par d’autres individus – suscitent l’intuition suivante : une action accomplie avant une fission devrait être imputée aux individus qui en résultent dès lors que ces derniers héritent de la structure mentale de l’individu d’origine. Cette intuition entre toutefois en tension avec une autre, apparemment tout aussi forte, selon laquelle l’attribuabilité d’une action à une personne requiert qu’elle soit numériquement identique à celle ayant accompli cette action. Dans cet article, nous articulons d’abord ces deux intuitions puis montrons qu’aucune des principales théories de l’identité personnelle diachronique ne parvient à les rendre compatibles. Enfin, nous défendons l’abandon de l’exigence d’identité stricte portée par la seconde intuition, au profit d’un critère fondé sur la continuité psychologique. Cette approche, soutenons-nous, reflète plus fidèlement nos intuitions morales fondamentales en matière de justice.Traditionally discussed in metaphysics, fission cases – scenarios in which an individual’s mental states are duplicated and instantiated in multiple successors – give rise to the following intuition : an action performed prior to the fission ought to be attributable to each resulting individual, insofar as they preserve the original individual’s mental structure. This intuition, however, stands in tension with another, equally persuasive, according to which the attribution of an action requires numerical identity between the agent and the person to whom the action is ascribed. In this article, we first articulate these two intuitions and highlight their incompatibility. We then argue that the main contemporary theories of diachronic personal identity fail to resolve this conflict. Finally, we defend abandoning the requirement of strict identity in favor of a criterion grounded in psychological continuity. We argue that this alternative better captures our core moral intuitions about justice and responsibility.Cairn restricted access
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