Pierre Zaoui, La Discrétion. Ou l’art de disparaître, Paris, Autrement, « Les grands mots », 2013, 160 p.

Dans la philosophie la plus contemporaine, essentiellement dominée par la revendication de « réalisme », « l’idéaliste » apparaît, en de multiples occurrences, comme celui qui, niant la réalité du monde extérieur, se confondrait, dès lors, avec un subjectivisme débridé, qui immanquablement débouch...

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書誌詳細
第一著者: Choplin, Hugues
フォーマット: Article ou chapitre numérique
言語:Français
出版事項: 2017
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要約:Dans la philosophie la plus contemporaine, essentiellement dominée par la revendication de « réalisme », « l’idéaliste » apparaît, en de multiples occurrences, comme celui qui, niant la réalité du monde extérieur, se confondrait, dès lors, avec un subjectivisme débridé, qui immanquablement déboucherait sur un relativisme généralisé. Or, aucun philosophe idéaliste n’a jamais soutenu ce type de position. Ce qui ne laisse pas d’étonner. Comment une doctrine, que nul n’a jamais soutenue dans l’histoire de la philosophie, peut-elle faire l’objet d’une telle unanimité dénonciatrice (des Encyclopédistes à certains types de marxisme, de la « Réfutation de l’idéalisme » par Moore au réalisme le plus contemporain) ? À quelles conditions cette figure de l’idéaliste en négateur de monde extérieur a-t‑elle pu naître (bien avant que Kant ne revendique le terme), et sur quel terreau philosophique a-t‑elle pu prospérer ? C’est l’origine de cette ombre portée sur la signification de l’idéalisme, ainsi que sur sa prétendue opposition à son supposé contraire absolu (le réalisme), que je voudrais prendre ici comme objet d’analyse. Suivre l’évolution sémantique du terme « idéalisme », de sa naissance en 1702 aux années 1780 (genèse), me permettra de revenir aux actes conceptuels (structure) qui ont présidé à la création de ce cliché, que l’on pourra, au terme de ces analyses, considérer pour ce qu’il est, à savoir l’un des contresens les plus spectaculaires, mais aussi les plus intéressants, de l’histoire de la philosophie.