Le constructivisme est-il une métaéthique ?

La distinction entre éthique normative et métaéthique n’implique pas nécessairement une indépendance complète entre ces deux plans théoriques, mais à tout le moins une séparation stricte entre les types de réponses recherchés. Le constructivisme moral semble toutefois échapper à cette règle. S’il...

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Auteurs principaux: Turmel, Patrick, Rocheleau-Houle, David
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2016
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spelling cairn-RMM_163_0353RMMRevue de métaphysique et de morale https://shs.cairn.info/revue-de-metaphysique-et-de-morale-2016-3-page-353?lang=fr https://doi.org/10.3917/rmm.163.0353 Le constructivisme est-il une métaéthique ? Turmel, PatrickRocheleau-Houle, David2016 fre Revue de métaphysique et de morale | 91 | 3 | 2016-09-05 | p. 353-376 | 0035-1571 RMM_16347 La distinction entre éthique normative et métaéthique n’implique pas nécessairement une indépendance complète entre ces deux plans théoriques, mais à tout le moins une séparation stricte entre les types de réponses recherchés. Le constructivisme moral semble toutefois échapper à cette règle. S’il s’agit, à première vue, d’une théorie normative, il est également présenté dans la littérature métaéthique comme une troisième voie face à l’alternative réductrice entre un réalisme moral qui doit postuler l’existence de propriétés métaphysiques difficilement conciliables avec le monde naturel et un antiréalisme qui rend bien compte de la force motivationnelle du jugement moral, mais au prix de son objectivité. Il existe toutefois un scepticisme largement partagé – et en partie justifié – quant à cette prétention métaéthique du constructivisme. Il n’est en effet pas toujours très aisé de voir de quelle façon le constructivisme – et quel constructivisme – répond aux questions les plus fondamentales de la métaéthique, qu’il s’agisse de questions d’ordre ontologique, sémantique, épistémologique ou encore psychologique. Ce texte offre quelques pistes afin de voir comment le constructivisme moral peut répondre à ces problèmes de métaéthique, et d’une façon telle qu’elle lui permettrait de se distinguer clairement à la fois du réalisme et de l’expressivisme. The distinction between normative ethics and metaethics does not necessarily imply a complete independence between these two theoretical dimensions, but does at least imply a strict separation between the types of questions at stake. However, moral constructivism seems to escape such a rule. If it is, at first glance, a normative theory, it is also very often introduced in the metaethics literature as a third way between a strong moral realism, which presupposes the existence of metaphysical properties that can not be so easily reconciled with the natural world, and some form of moral antirealism, which can give a satisfying account of the motivational force of a moral judgment, but at the cost of its objectivity. There is, however, a largely shared scepticism – which is at least partly justified – regarding the metaethical ambition of constructivism. Indeed, it is not always very clear how constructivism – and which version – can answer the most fundamental questions of metaethics : questions of moral ontology, semantics, epistemology or psychology. This paper presents certain paths that moral constructivism can take in order to answer these questions, and in a way that allows it to distinguish itself from both moral realism and expressivism. Cairn free access
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description La distinction entre éthique normative et métaéthique n’implique pas nécessairement une indépendance complète entre ces deux plans théoriques, mais à tout le moins une séparation stricte entre les types de réponses recherchés. Le constructivisme moral semble toutefois échapper à cette règle. S’il s’agit, à première vue, d’une théorie normative, il est également présenté dans la littérature métaéthique comme une troisième voie face à l’alternative réductrice entre un réalisme moral qui doit postuler l’existence de propriétés métaphysiques difficilement conciliables avec le monde naturel et un antiréalisme qui rend bien compte de la force motivationnelle du jugement moral, mais au prix de son objectivité. Il existe toutefois un scepticisme largement partagé – et en partie justifié – quant à cette prétention métaéthique du constructivisme. Il n’est en effet pas toujours très aisé de voir de quelle façon le constructivisme – et quel constructivisme – répond aux questions les plus fondamentales de la métaéthique, qu’il s’agisse de questions d’ordre ontologique, sémantique, épistémologique ou encore psychologique. Ce texte offre quelques pistes afin de voir comment le constructivisme moral peut répondre à ces problèmes de métaéthique, et d’une façon telle qu’elle lui permettrait de se distinguer clairement à la fois du réalisme et de l’expressivisme.
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