Lyotard et le visage sans Levinas
Lorsqu’il écrit sur le « visage », Lyotard – qui est pourtant l’un des meilleurs lecteurs de Levinas, et qui aura mis au travail la pensée de ce dernier pour son propre compte – n’évoque en rien le visage selon Levinas. Il va penser et décrire le visage intégralement dans un contexte merleau-pontien...
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
2015
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| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | Lorsqu’il écrit sur le « visage », Lyotard – qui est pourtant l’un des meilleurs lecteurs de Levinas, et qui aura mis au travail la pensée de ce dernier pour son propre compte – n’évoque en rien le visage selon Levinas. Il va penser et décrire le visage intégralement dans un contexte merleau-pontien, comme anonyme visage paysage pris dans la Chair du monde. Pourquoi en est-il ainsi ? Qu’en est-il de cette infidélité majeure ? Je me propose de montrer que cette infidélité – pour ce qu’elle est – relève en fait d’une forme de fidélité. D’une part, parce que dans leurs effets performatifs le visage selon Levinas et le visage selon Lyotard sont fort proches : c’est l’épreuve de l’anonymat qui ipséise et singularise. D’autre part, parce que si Lyotard refuse l’inscription du Commandement dans le sensible comme Visage, refuse donc cette « phase » de la pensée de Levinas, c’est pour, de ce point de vue, être plus fidèle encore au Commandement que ne le serait Levinas. Il s’agit bien là d’une infidélité à la description lévinassienne, d’une manière de ne pas respecter une exigence imprescriptible du point de vue de Levinas ; il n’en reste pas moins que ce souci de préserver le commandement, tant de la pulsion et du désir que du rapt de l’affect sensible, est aussi une forme de fidélité à Levinas. |
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