Absolutisme théologique et auto-affirmation de l'homme chez Descartes et chez Blumenberg

Le rapport de Hans Blumenberg à la philosophie de Descartes est complexe. La Légitimité des Temps modernes souligne en particulier le rôle essentiel du cogito cartésien dans la constitution de la pensée moderne de l’auto-affirmation de l’homme. La seconde méditation lève ainsi les soupçons sur le...

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Auteur principal: Gontier, Thierry
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2012
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:Le rapport de Hans Blumenberg à la philosophie de Descartes est complexe. La Légitimité des Temps modernes souligne en particulier le rôle essentiel du cogito cartésien dans la constitution de la pensée moderne de l’auto-affirmation de l’homme. La seconde méditation lève ainsi les soupçons sur les capacités cognitives de l’homme initiées par la théologie tardo-médiévale de la potentia absoluta Dei . Mais, selon Blumenberg, Descartes recule lui-même devant l’audace de son geste intellectuel, en subordonnant, dans la troisième méditation, la validité de la connaissance à la volonté d’un Dieu tout-puissant. En réalité, les preuves cartésiennes de l’existence de Dieu ne laissent pas place à un tel volontarisme théologique. Elles relèvent d’un registre tout à fait différent de celui de la potentia absoluta des scolastiques, et renouent plutôt avec la potentia infinita des néoplatoniciens antiques et renaissants. Il est donc possible de lever les réserves de Blumenberg en rendant à la métaphysique cartésienne sa place centrale dans la constitution de la modernité philosophique. Mais la modernité que Descartes inaugure n’est pas une modernité autiste, coupée de tout rapport à la transcendance. Elle laisse une place à un éros de l’infini. L’homme se trouve ainsi confronté à une alternative entre la domination technique du monde et le désir de divinisation, qui ne saurait trouver de conciliation au sein d’une synthèse systématique.