Les troubadours galégo-portugais et la dialectique du silence et du chant poétiques

Aborder l’étude de la cantiga de amor selon une perspective historique en donne une vision qui l’affranchit de toute univocité et banalité. On y constate d’ailleurs, en y regardant de plus près, que – à différents intervalles – les troubadours se servirent du genre comme champ de discussion littéra...

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Auteur principal: Lorenzo Gradín, Pilar
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2022
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:Aborder l’étude de la cantiga de amor selon une perspective historique en donne une vision qui l’affranchit de toute univocité et banalité. On y constate d’ailleurs, en y regardant de plus près, que – à différents intervalles – les troubadours se servirent du genre comme champ de discussion littéraire. C’est ainsi que vers la décennie des années 80 du xiiie siècle, un groupe de poètes galégo-portugais liés aux cercles culturels de la cour de Sanche IV de Castille prit part à une polémique qui, sans s’extraire des principes de la fin’amor, s’engagea autour des motifs du silence et de la constance poétiques. L’existence de cette querelle met en lumière un maillage de relations intertextuelles qui font que, de façon inattendue, chaque texte acquiert une « deuxième » dimension interprétative dès lors qu’il s’inscrit dans une riche trame de renvois et d’allusions littéraires. Ainsi, le rôle accordé au chant et au « je » lyrique dans la fiction courtoise donna lieu, à un moment donné de la tradition, à un affrontement poétique, dans lequel les troubadours jouèrent avec les stéréotypes esthétiques qui s’étaient sédimentés dans la tradition, rivalisant pour tisser un débat qui conjugua, dans le même temps, les dimensions polémique et ludique.