Pot-pourri (de la Nouvelle américaine aux Petits Poèmes en Prose)

On sait que Baudelaire, qui se montrait pourtant hésitant à les traduire, refit à sa façon certains poèmes de Poe. Mais qu’en est-il des Petits poèmes en prose, auxquels Baudelaire s’attelle dès 1857, au moment où paraissent les Nouvelles histoires extraordinaires ? Il y a là, certes, invention d’un...

Description complète

Enregistré dans:
Détails bibliographiques
Auteur principal: Cornille, Jean-Louis
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2009
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:On sait que Baudelaire, qui se montrait pourtant hésitant à les traduire, refit à sa façon certains poèmes de Poe. Mais qu’en est-il des Petits poèmes en prose, auxquels Baudelaire s’attelle dès 1857, au moment où paraissent les Nouvelles histoires extraordinaires ? Il y a là, certes, invention d’un genre nouveau. Se pour-rait-il que Baudelaire se soit tourné encore vers Poe pour définir la nouveauté du genre dans lequel il se lançait alors ? Aux nombreuses allusions à Poe, repérables dans Le Spleen de Paris, il n’y aurait rien d’étonnant, la relation intertextuelle fonctionnant comme un indice d’attraction générique. Dans les « Notes nouvelles sur Edgar Poe », sur lesquelles s’ouvrent les Nouvelles histoires extraordinaires, on en trouve déjà d’évidentes traces. Baudelaire y aborde de front le problème du genre chez Poe, allant même jusqu’à faire sienne la théorie de Poe sur la Nouvelle. En définissant, quatre ans plus tard, le genre nouveau dans lequel il se lance, Baudelaire a singulièrement recours aux mêmes expressions que dans ses Notes. Cependant, cette brève esquisse théorique, anticipatrice d’un genre nouveau, ne trouvera à s’affermir véritablement que dans la pratique des poèmes en prose. S’il n’est guère difficile de repérer dans « Laquelle est la vraie ? », « Un cheval de race », « Le désir de peindre » et « Les bienfaits de la lune » de nombreux emprunts à « Bérénice » et au « Portrait ovale », c’est que s’y décèle la montée d’une poésie en prose que Baudelaire inventa, un pied dans la tombe d’Edgar Poe.