Laissés-pour-compte et hommes au rebut en démocratie : Kafka et Melville
Que faire des laissés-pour-compte en démocratie ? Relus ensemble, deux textes bien connus — Bartleby le scribe de Melville et « le Soutier », premier chapitre du premier roman de Kafka, Amerika ou le Disparu —, donnent à voir comment la littérature se charge de cette question. Chacun de ces deux tex...
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
2009
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| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | Que faire des laissés-pour-compte en démocratie ? Relus ensemble, deux textes bien connus — Bartleby le scribe de Melville et « le Soutier », premier chapitre du premier roman de Kafka, Amerika ou le Disparu —, donnent à voir comment la littérature se charge de cette question. Chacun de ces deux textes orchestre un scénario d’exclusion sociale : un homme tombe à la mer, s’y maintient à la surface tout le temps qu’un autre lui tend la main, puis s’y noie, quand la main secourable lui est retirée. Or, dans les deux cas, ce qui aurait pu constituer un incident négligeable — ou du moins, un fait social inaperçu — est traité par la littérature comme une scène de la plus haute importance. Sur fond d’un scénario d’exclusion kafkaïen, la superposition de ces deux scènes politiques américaines produit des effets de sens qui articulent de façon exemplaire l’enjeu éthique et l’enjeu politique. En modulant le problème sociopolitique en question éthique (via le rapport de face à face), la littérature se sera efforcée de remettre dans le jeu ces hommes au rebut. Mais son échec signifie aussi que la démarche éthique ne saurait se substituer à la solution introuvable du problème politique. |
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