Vera Elisabeth GERLING, Lateinamerika : So fern und doch so nah ? Tübingen, Gunter Narr Verlag, 2004, 241 pages
« Toute notre expérience de la peinture comporte en fait une considérable partie verbale. Nous ne voyons jamais les tableaux seuls, notre vision n’est jamais pure vision » dit Butor dans Les Mots dans la peinture. Parmi ces médiations verbales, les récits mythiques occupent une place de choix da...
Enregistré dans:
| Hovedforfatter: | |
|---|---|
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Français |
| Udgivet: |
2007
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| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | « Toute notre expérience de la peinture comporte en fait une considérable
partie verbale. Nous ne voyons jamais les tableaux seuls, notre vision n’est jamais
pure vision » dit Butor dans Les Mots dans la peinture. Parmi ces médiations
verbales, les récits mythiques occupent une place de choix dans Le Chien Roi
collaboration de M. Butor avec P. Alechinsky (1982). La description des images
de l’art est pour Butor le prolongement de la description du réel. Or, dire le réel
implique de dire aussi ce qui lui manque : « ce que je fais est description non
seulement du réel mais de ce qui manque au réel, de son désir ». Partant, la
description picturale intègrera « ce qui manque » au tableau, la part propre
du sujet écrivant, celle de l’imaginaire et du rêve. Les images d’Alechinsky
constituent d’abord une « matière de rêves » que Butor réinsère dans des récits
de rêve d’écrivains (Rêve de Charles Sorel ou de Nerval). Ensuite les allusions
aux récits mythiques (l’épisode des Sirènes dans L’Odyssée, l’histoire biblique de
Suzanne et les vieillards, la tentation de saint Antoine...) convergent chez Butor
vers un récit unique qui est le récit de tentation. Tous trois mettent en intrigue
le désir de voir et suggèrent ses risques mortels : la métamorphose d’Ulysse en
gueule de proue, la mort des deux vieillards qui épient Suzanne, la damnation
de saint Antoine. Le discours sur la peinture du Chien Roi réfléchit ainsi ce qui
est à son fondement : le désir de voir, que les récits mythiques transposent en
voyeurisme (Suzanne) ou comblent par des figures fantasmatiques (la Reine de
Saba). En tant que récit immémorial, le mythe dans le discours sur la peinture
répond chez Butor à la nécessité d’un langage commun sur l’art qui tienne à
distance tout « idiolecte de l’impression ». |
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