Atlantides imaginaires. Réécritures d’un mythe. Textes réunis par Chantal FOUCRIER et Lauric GUILLAUD, préface de Pierre VIDAL-NAQUET. Paris, Michel Houdiard éditeur, 2004, 375 pages

« Toute notre expérience de la peinture comporte en fait une considérable partie verbale. Nous ne voyons jamais les tableaux seuls, notre vision n’est jamais pure vision » dit Butor dans Les Mots dans la peinture. Parmi ces médiations verbales, les récits mythiques occupent une place de choix da...

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Auteur principal: Engélibert, Jean-Paul
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2007
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:« Toute notre expérience de la peinture comporte en fait une considérable partie verbale. Nous ne voyons jamais les tableaux seuls, notre vision n’est jamais pure vision » dit Butor dans Les Mots dans la peinture. Parmi ces médiations verbales, les récits mythiques occupent une place de choix dans Le Chien Roi collaboration de M. Butor avec P. Alechinsky (1982). La description des images de l’art est pour Butor le prolongement de la description du réel. Or, dire le réel implique de dire aussi ce qui lui manque : « ce que je fais est description non seulement du réel mais de ce qui manque au réel, de son désir ». Partant, la description picturale intègrera « ce qui manque » au tableau, la part propre du sujet écrivant, celle de l’imaginaire et du rêve. Les images d’Alechinsky constituent d’abord une « matière de rêves » que Butor réinsère dans des récits de rêve d’écrivains (Rêve de Charles Sorel ou de Nerval). Ensuite les allusions aux récits mythiques (l’épisode des Sirènes dans L’Odyssée, l’histoire biblique de Suzanne et les vieillards, la tentation de saint Antoine...) convergent chez Butor vers un récit unique qui est le récit de tentation. Tous trois mettent en intrigue le désir de voir et suggèrent ses risques mortels : la métamorphose d’Ulysse en gueule de proue, la mort des deux vieillards qui épient Suzanne, la damnation de saint Antoine. Le discours sur la peinture du Chien Roi réfléchit ainsi ce qui est à son fondement : le désir de voir, que les récits mythiques transposent en voyeurisme (Suzanne) ou comblent par des figures fantasmatiques (la Reine de Saba). En tant que récit immémorial, le mythe dans le discours sur la peinture répond chez Butor à la nécessité d’un langage commun sur l’art qui tienne à distance tout « idiolecte de l’impression ».