L'esthétique de la dégradation dans la littérature haïtienne

Entre la fin de l’Occupation américaine (1934) en Haïti et le début de la dictature de Duvalier dans les années 60, le code référentiel de la littérature haïtienne relève de trois espaces de positivité : l’Indigénisme, le réalisme merveilleux et les idées marxistes. La dictature duvaliériste (1957...

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Auteur principal: Lucas, Rafael
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2002
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:Entre la fin de l’Occupation américaine (1934) en Haïti et le début de la dictature de Duvalier dans les années 60, le code référentiel de la littérature haïtienne relève de trois espaces de positivité : l’Indigénisme, le réalisme merveilleux et les idées marxistes. La dictature duvaliériste (1957-1986), sous-développante, obscurantiste et totalitaire, reflète un mélange de destruction et de déstructuration, affectant l’imaginaire et l’environnement, imposant l’omniprésence d’un délabrement que la littérature a prise en charge. Il en a résulté une rupture avec le système descriptif du réalisme merveilleux, et l’émergence d’une nouvelle esthétique : l’esthétique de la dégradation, décelable dans les titres des œuvres. Cette dernière est particulièrement repérable dans la thématique de la zombification, le traitement de l’espace (notamment l’espace urbain), et le retrait du héros prométhéen au profit de personnages collectifs, d’héroïnes ou d’anti-héros. Cependant cette nouvelle littérature concilie l’esthétique avec une dénonciation vigoureuse et une mystique du changement.