Le droit successoral et la famille, autour de la consubstantialité et de la contrariété
Prenant appui sur la réalité sociologique camerounaise, le constat qui s’impose est empreint d’une indéniable gravité. Il n’est guère rare d’observer que, consécutivement au décès d’un membre, les familles se trouvent profondément divisées, voire irrémédiablement déchirées. Au cœur de ces dissens...
Kaydedildi:
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| Materyal Türü: | Article ou chapitre numérique |
| Dil: | Français |
| Baskı/Yayın Bilgisi: |
2026
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| Online Erişim: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Özet: | Prenant appui sur la réalité sociologique camerounaise, le constat qui s’impose est empreint d’une indéniable gravité. Il n’est guère rare d’observer que, consécutivement au décès d’un membre, les familles se trouvent profondément divisées, voire irrémédiablement déchirées. Au cœur de ces dissensions se cristallisent, de manière récurrente, les contestations relatives à la succession. Une telle situation, loin d’être anodine, constitue un obstacle sérieux au développement socio-économique des États africains, en ce qu’elle fragilise la cellule familiale, socle de toute organisation sociale. Dès lors, l’intérêt d’une analyse approfondie s’impose, afin d’identifier les causes structurelles de ces conflits et de formuler des propositions susceptibles d’éclairer l’action du législateur. Il ressort de cette étude que, tant le droit successoral moderne que le droit traditionnel consacre une prééminence de la famille. Les membres de cette dernière y bénéficient d’une protection privilégiée, traduisant une volonté commune de préservation des solidarités familiales. Cependant, cette convergence apparente ne saurait occulter les tensions profondes qui traversent ces deux ordres normatifs. En effet, certaines rigidités inhérentes au droit moderne, notamment l’exigence d’un lien juridique formel et la prééminence successorale, conduisent à l’exclusion de personnes pourtant unies au défunt par des liens affectifs et sociaux avérés. À l’inverse, le droit coutumier, en raison des discriminations qu’il perpétue, engendre des inégalités difficilement conciliables avec les exigences contemporaines de justice. En vérité, ces antagonismes traduisent l’affrontement entre, d’une part, une logique d’individualisation et de juridicisation des rapports successoraux et, d’autre part, une conception communautaire et hiérarchisée de la famille. Dans ces conditions, une réforme du droit successoral s’impose avec acuité. Celle-ci devrait nécessairement tendre à l’instauration d’un équilibre subtil entre le respect des réalités socioculturelles africaines et l’affirmation des principes contemporains d’égalité, de dignité et de non-discrimination. C’est à ce prix seulement que le droit des successions pourra pleinement jouer son rôle de facteur de cohésion sociale, plutôt que de devenir un ferment de division.
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