Décoloniser le droit de la biodiversité pour sortir du Plantationocène : vers un droit écologique

L’article propose une analyse critique du droit international encadrant la biodiversité agricole, en montrant qu’il reste imprégné de logiques coloniales et extractivistes. Malgré la CDB, le Protocole de Nagoya et le Traité sur les ressources phytogénétiques qui visent à conserver la biodiversité...

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Hlavní autor: Frison, Christine
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: 2026
Témata:
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Shrnutí:L’article propose une analyse critique du droit international encadrant la biodiversité agricole, en montrant qu’il reste imprégné de logiques coloniales et extractivistes. Malgré la CDB, le Protocole de Nagoya et le Traité sur les ressources phytogénétiques qui visent à conserver la biodiversité, les mécanismes d’accès et de partage des avantages qu’ils mettent en place perpétuent des asymétries entre Nord et Sud, tout en marginalisant les savoirs paysans, autochtones et féminins. Christine Frison mobilise le concept de Plantationocène, développé par Haraway et Tsing, pour mettre en évidence la continuité entre plantations coloniales, monocultures industrielles et cadres juridiques actuels. Ce prisme révèle une ontologie de l’extraction qui réduit le vivant à une ressource et invisibilise les relations de réciprocité propres aux écosystèmes. L’article souligne que le droit participe à la standardisation et à la marchandisation du vivant, notamment via la propriété intellectuelle sur les semences et la valorisation des données génétiques. En réponse, l’autrice appelle à un virage vers un droit écologique génératif, fondé sur la relation, le soin, la pluralité ontologique et la justice cognitive et relationnelle. Les approches féministes et décoloniales sont essentielles pour déconstruire les logiques patriarcales, capitalistes et eurocentrées du Plantacionocène. Des outils comme les protocoles bioculturels, les droits de la nature ou les dispositifs participatifs illustrent les voies d’un cadre pluriversel et régénérateur. L’article invite ainsi à dépasser le Plantationocène juridique pour instaurer un droit écologique soutenant la diversité biologique et culturelle.