« Aussi humainement que possible ».

« Aussi humainement que possible ». Les déplacements des minorités allemandes de Pologne et de Tchécoslovaquie au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ont précipité le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dans une situation inédite, non couverte par les Conventions de Genève, au moment m...

Cur síos iomlán

Sábháilte in:
Sonraí bibleagrafaíochta
Príomhchruthaitheoir: Sans, Anne-Laure
Formáid: Article ou chapitre numérique
Teanga:Français
Foilsithe / Cruthaithe: 2005
Rochtain ar líne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Cur síos
Achoimre:« Aussi humainement que possible ». Les déplacements des minorités allemandes de Pologne et de Tchécoslovaquie au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ont précipité le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dans une situation inédite, non couverte par les Conventions de Genève, au moment même ou l’institution genevoise essuyait de virulentes critiques sur ses activités durant la guerre. Cette étude vise d’une part à dessiner le bilan de l’action du CICR en faveur des minorités allemandes, et d’autre part, à dégager les leçons que l’organisation a tirées de cette expérience par rapport à sa mission traditionnelle.Après une première phase de secours empirique, les délégués du CICR commencèrent à jouer un rôle essentiel pour faciliter le départ des Allemands, suivant les accords de Potsdam en août 1945 et la reconnaissance par les grandes puissances du principe des transferts de population. Ils apportaient à la fois une aide matérielle dans les camps, mais aussi luttaient pour que les évacuations aient lieu « de manière humaine et ordonnée » selon les termes employés à Potsdam, et fournissaient aussi une assistance administrative, en servant de relais entre les autorités locales, les puissances d’occupation et les Allemands. Cependant, le Comité entrait dans une délicate phase de réorganisation institutionnelle et devait se concentrer sur son mandat initial concernant la protection des prisonniers de guerre, et par conséquent abandonner certaines de ses activités, dont celle en faveur des minorités allemandes.Pris en tenaille entre les gouvernements de l’Est qui refusaient de cesser les expulsions, et les Occidentaux qui tentaient de repousser les transferts à des jours meilleurs devant les difficiles conditions d’accueil en Allemagne, le CICR tenta alors d’obtenir le règlement politique et global de la question. Ses efforts diplomatiques restèrent vains pendant de longs mois, jusqu’à ce que le jeune gouvernement allemand de la République fédérale d’Allemagne n’exprime sa volonté de faciliter le retour des minorités allemandes de l’Est européen.L’action menée par le CICR en faveur des minorités allemandes a sans aucun doute su combler un vide qu’aucune autre organisation ne remplissait ou n’était à même de remplir. Mais il est tout aussi certain que les délégués se sentaient très souvent pris au piège par des gouvernements qui se déchargeaient sur eux d’une question politiquement sensible. Leur position était extrêmement fragile, car ils étaient souvent perçus comme proallemands, alors que l’opinion publique internationale leur reprochait de ne pas en faire assez pour ces populations. Enfin, l’assistance aux civils allemands a forcé le Comité à s’interroger sur les limites de son mandat et à se concentrer sur ses activités en faveur des prisonniers de guerre.