La mise en œuvre de « Plus d'espace pour le fleuve » : les discours positifs et négatifs à Kampen, aux Pays-Bas
RésuméDans le présent article, nous analysons les stratégies discursives qui entourent la mise en œuvre du programme néerlandais de protection contre les inondations intitulé « Ruimte voor de River » (Plus d’espace pour le fleuve). Lorsque ce programme a été adopté, on l’a présenté comme un changeme...
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
2011
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| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | RésuméDans le présent article, nous analysons les stratégies discursives qui entourent la mise en œuvre du programme néerlandais de protection contre les inondations intitulé « Ruimte voor de River » (Plus d’espace pour le fleuve). Lorsque ce programme a été adopté, on l’a présenté comme un changement de paradigme s’inscrivant dans la transition en cours vers la « cohabitation avec l’eau ». L’annonce d’un changement de paradigme ne correspondait cependant pas à la réalité. Lorsqu’une politique est définie, elle est encore une lettre morte. Pour qu’elle soit mise en œuvre, les gens doivent y donner suite comme s’il s’agissait d’une réalité. Elle doit être socialement produite — et reproduite. Dans le présent article, nous analysons comment cette nouvelle initiative stratégique est « traduite » au niveau local, comment des coalitions discursives « négatives » et « positives » se développent et comment elles défendent leurs revendications sur le plan discursif. Dans ce « processus de traduction », des éléments du discours stratégique sont sélectionnés et réinterprétés pour cadrer avec les objectifs propres aux parties prenantes locales. Tandis que ses partisans n’ont eu de cesse de promouvoir le programme en le présentant comme un « changement de paradigme » positif, d’autres ont contesté cette affirmation. Notre article dresse l’inventaire des différents discours positifs et négatifs à propos de Plus d’espace pour le fleuve en se penchant sur une étude de cas révélatrice. Nous allons voir comment les éléments du discours stratégique officiel sont utilisés, élargis, remis en question ou réinterprétés par les acteurs locaux afin de défendre leur point de vue. Leurs discours tentent de créer des alliances discursives entre des dispositifs rhétoriques accrocheurs, des valeurs normatives et des sources d’expertise. Ils font un usage sélectif du discours prédominant d’alors en matière de gestion des rivières et recherchent, dans les tribunes scientifiques et politiques, les idées qui leur permettront d’appuyer leurs revendications. Remarques à l’intention des praticiensLes idées et autres appellations stratégiques sont inévitablement traduites et modifiées lorsqu’elles « atterrissent » sur la scène locale. Les appellations « positives » peuvent avoir une influence sur l’acceptation et la mise en œuvre locales d’une politique, mais elles ne peuvent la déterminer. Au niveau local, les appellations sont susceptibles de s’enchevêtrer peu à peu dans d’autres appellations et interprétations. Les politiques à objectifs multiples s’avèrent particulièrement exposées aux critiques des « puristes » et des adversaires focalisés sur une question unique. Les gestionnaires de projets doivent anticiper la dynamique de la reformulation et être en mesure d’adapter le discours et les appellations le cas échéant, lorsqu’ils craignent qu’ils ne deviennent des fardeaux. |
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