Comment joindre les deux bouts : les réponses stratégiques des ONG du Sud aux conditions imposées par les bailleurs de fonds

RésuméLa plupart des organisations non gouvernementales du Sud (ONGS) sont tributaires des organismes donateurs pour assurer leur survie. Pour avoir droit à un financement de leur part, les ONGS doivent généralement respecter une série de conditions de financement. Les détracteurs soutiennent que le...

Full description

Saved in:
Bibliographic Details
Main Authors: Elbers, Willem, Arts, Bas
Format: Article ou chapitre numérique
Language:Français
Published: 2011
Subjects:
Online Access:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Summary:RésuméLa plupart des organisations non gouvernementales du Sud (ONGS) sont tributaires des organismes donateurs pour assurer leur survie. Pour avoir droit à un financement de leur part, les ONGS doivent généralement respecter une série de conditions de financement. Les détracteurs soutiennent que les conditions imposées par les bailleurs de fonds ont parfois des conséquences indésirables. Sur la base d’une recherche qualitative menée auprès de 41 ONGS en Inde et au Ghana, le présent article étudie (1) les effets négatifs (potentiels) des conditions imposées par les bailleurs de fonds aux ONGS et (2) les stratégies qu’emploient les ONGS pour répondre à ces conditions. Nous allons voir que certaines de ces conditions sont difficiles à satisfaire dans le cadre d’un développement mettant l’accent sur la propriété locale et sur une société civile solide et autonome. Nous verrons également que les ONGS recourent à toute une série de stratégies pour faire face aux conditions défavorables des bailleurs de fonds et qu’elles ne sont pas impuissantes dans leurs rapports avec ceux-ci. Ces stratégies ne sont cependant pas toujours accessibles à toutes les organisations et peuvent avoir des conséquences indésirables. Remarques à l’intention des praticiensL’aide privée en faveur du développement est de plus en plus caractérisée par des critères d’imputabilité et par des modalités de financement plus rigoureuses. Les bailleurs de fonds qui viennent en aide aux ONGS doivent tenir compte du fait que leurs conditions de financement peuvent avoir une série d’effets indésirables. Notre étude donne un aperçu de ces conséquences, afin de permettre aux organismes donateurs de passer systématiquement en revue leurs conditions eu égard à leurs effets potentiellement négatifs. Notre étude fait en outre apparaître que, lorsqu’elles sont confrontées à des conditions irréalistes imposées par les bailleurs de fonds, les ONGS adoptent un comportement stratégique. Ce phénomène est particulièrement problématique lorsque les ONGS en viennent à manipuler les perceptions des bailleurs de fonds, ce qui entraîne l’apparition d’une « réalité papier ».