La responsabilité politique et managériale : Un écart qui se creuse dans l'organisation de l'aide sociale

RésuméDans le présent article, nous remettons en cause le principe selon lequel l’État providence n’est pas adapté au modèle vertical ou hiérarchique d’imputabilité politique en raison des modalités d’organisation récemment adoptées. Même si la distinction, dans tout cadre analytique, entre responsa...

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Autore principale: Mattei, Paola
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: 2007
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Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:RésuméDans le présent article, nous remettons en cause le principe selon lequel l’État providence n’est pas adapté au modèle vertical ou hiérarchique d’imputabilité politique en raison des modalités d’organisation récemment adoptées. Même si la distinction, dans tout cadre analytique, entre responsabilité managériale et politique est utile, le remplacement de cette dernière par la première est contestable et tendancieux. Contrairement aux affirmations selon lesquelles l’imputabilité managériale est une pratique technique et neutre qui se contente d’appliquer des critères dépourvus de caractère politique et, dès lors, qu’elle s’adapte mieux à la complexité de l’État providence du 21e siècle, nous suggérons dans le présent article que les nouvelles modalités d’organisation des écoles et des hôpitaux publics indiquent que les formes traditionnelles d’imputabilité devant des représentants élus n’ont as disparu. On ne peut séparer le processus de développement de nouvelles modalités d’organisation dans l’État providence des questions institutionnelles fondamentales à propos de chaque démocratie. En procédant à une étude empirique des conséquences de l’introduction du managérialisme sur l’imputabilité démocratique en Grande-Bretagne et en Allemagne, nous tentons de mieux comprendre le lien qui existe entre les dimensions managériale et politique de la responsabilité dans l’État providence. Remarques à l’intention des praticiensLes praticiens dans le domaine de la politique sociale, y compris les enseignants du secondaire de même que les infirmières et les médecins des hôpitaux publics, sont responsables devant leurs pairs dans le cadre d’un mécanisme qui est fondamentalement différent de la forme hiérarchique d’imputabilité. L’imputabilité professionnelle est essentiellement un contrôle horizontal et interne. Le managérialisme a remis en question l’autonomie clinique et pédagogique à de nombreux égards, en démoralisant les praticiens, qui ont toujours perçu leur fonction comme allant bien plus loin que la réalisation d’objectifs de rendement et de résultats. Il est néanmoins plus facile d’écarter ces tentatives managériales et d’oublier le fait que les gestionnaires publics font eux-mêmes partie de la même profession médicale et enseignante, avec laquelle ils ont souvent des intérêts en communs. Il convient toutefois de faire la distinction entre fonctions professionnelles et managériales, à savoir que les gestionnaires publics dans un gouvernement démocratique et représentatif sont également responsables devant des représentants élus par le biais de mécanismes de contrôle externes. L’un des principaux défis pour les gestionnaires publics consiste dès lors à tenir compte de ce que suppose l’imputabilité managériale et de ce qu’elle exclut dans la pratique lorsqu’elle vise à remplacer l’imputabilité politique. Cela peut aller à l’encontre des fondements mêmes de l’État providence. Les praticiens dans le domaine de la politique sociale sont inextricablement situés au cœur d’un écheveau complexe de mécanismes d’imputabilité politiques, qui font de l’État providence l’un des plus grands acteurs de nos institutions démocratiques, un acteur loin d’être uniquement un moyen de satisfaire des besoins matériels.