L’« homme pauvre » : l’anthropologie négative d’Eckhart
La pauvreté de l’homme pauvre, telle qu’Eckhart la caractérise notamment dans le Sermon 52, n’est pas une pauvreté d’objet. La volonté n’est pas pauvre lorsqu’elle renonce au bien : il lui faut encore s’anéantir elle-même. Le destin de la volonté est de s’effacer en tant que voulante : pour cela,...
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| Autor principal: | |
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| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Lenguaje: | Français |
| Publicado: |
2024
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| Acceso en línea: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumario: | La pauvreté de l’homme pauvre, telle qu’Eckhart la caractérise notamment dans le Sermon 52, n’est pas une pauvreté d’objet. La volonté n’est pas pauvre lorsqu’elle renonce au bien : il lui faut encore s’anéantir elle-même. Le destin de la volonté est de s’effacer en tant que voulante : pour cela, elle doit, à la suite du Christ et en tant que créature, mourir. De même, l’intellect n’est pauvre que lorsqu’il délaisse son activité naturelle et propre d’intelliger par images : celles-ci, abstraites à partir des étants, demeurent des médiations par lesquelles il se rapporte au créé. L’intellect ne peut être délivré des images que lorsqu’il cesse d’être leur lieu pour devenir leur origine : élevé au-dessus de sa nature propre, il produit les raisons des créatures en même temps que le Verbe – il engendre le Verbe dans l’âme. L’homme pauvre ne reste homme que par son suppôt créé : s’il demeure par lui dans la finitude spatio-temporelle, il laisse agir et penser en lui la déité. La pauvreté est, en définitive, maintien et dépassement de la relation et du face-à-face extérieur.
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