La revue internationale de psychosociologie
RésuméL’image, c’est ce que croient les gens. Or, une croyance, même unanimement partagée, n’est pas forcément la vérité, de même qu’unanimement réfutée, elle n’est pas forcément une erreur. Mais dans un État démocratique de droit, ce sont les représentations partagées qui font l’opinion, les lois e...
Sparad:
| Huvudupphovsman: | |
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| Materialtyp: | Article ou chapitre numérique |
| Språk: | Français |
| Publicerad: |
2010
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| Länkar: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sammanfattning: | RésuméL’image, c’est ce que croient les gens. Or, une croyance, même unanimement partagée, n’est pas forcément la vérité, de même qu’unanimement réfutée, elle n’est pas forcément une erreur. Mais dans un État démocratique de droit, ce sont les représentations partagées qui font l’opinion, les lois et les normes. Pour appréhender ces images qui croisent leurs regards intersubjectifs sur le travail et les responsables et savoir si elles sont vraies ou fausses, nos chercheurs ont collecté plusieurs milliers de données (articles, entretiens, enquêtes, ouvrages, et REX). Puis ils les ont réparties au sein de trois classes : celles dévalorisantes, rationnelles et valorisantes. Enfin, ils ont mesuré la pertinence des deux visions extrêmes en les confrontant aux enquêtes annuelles menées auprès de plusieurs milliers de salariés qui décrivent leurs réalités du travail. Force est de constater que les images du travail-souffrance mobilisent 77 % des espaces épistolaires pour décrire une réalité qui ne concerne que 8 % en moyenne (jusqu’à 15 % les mauvaises années) des salariés (faillites, rachats, délocalisations, réforme publique ou incidents critiques). Les représentations valorisant le travail ne mobilisent que 8 % des espaces épistolaires alors qu’elles décrivent la réalité de 85 à 92 % des salariés : ainsi l’image du travail souffrance qui se répand comme une trainée de poudre est falsifiée. La vision du travail conçu comme un opérateur pathogène est portée par des avocats, psychiatres, psychanalystes, éducateurs, sociologues, inspecteurs ou médecins du travail, journalistes et surtout par 8 à 15 % des salariés eux-mêmes, au sein des enquêtes sur le travail (6000 salariés ; Ipsos Accor). Dans leurs dossiers, le lecteur découvre pêle-mêle une entreprise implicitement ou explicitement assimilée à un lieu de tortures, de violences, de harcèlements, de souffrances, de fanatisme, de stress ou simplement de divers risques psychosociaux. Les responsables sont présentés comme des gardiens, des séducteurs, des harceleurs, des fanatiques ou des pervers. Les media relaient avec bienveillance ces caricatures au sein de l’opinion. La vision du travail conçu comme un opérateur de bonne santé est portée par des coachs, consultants, chefs d’entreprise, gestionnaires, professionnels, des religieux et surtout par 85 à 92 % des salariés eux-mêmes, au sein des enquêtes sur le travail (6000 salariés ; Ipsos Accor). Dans leurs dossiers, le lecteur découvre pêle-mêle une entreprise implicitement ou explicitement assimilée à un lieu de plaisir, de joie et de progression, notamment quand le travail est bien fait, utile et reconnu. Un lieu de bien-être, de réalisation de soi, de structuration de la personnalité, de dépassement quand le travail produit une résilience. Apparaît le souhait que ses enfants fassent le même travail, source d’une vie passionnante. Les responsables sont présentés comme des régulateurs, des mentors, des coachs. Ils font parfois des erreurs, mais ils écoutent, apprennent, comprennent et transmettent ; ils imaginent des solutions et entreprennent. Les media ne relaient guère ces images de vérité, insuffisamment porteuses dans l’opinion. |
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