L'animal médiateur de l'humain

RésuméPartant du constat d’un désenchantement du monde consécutif à la rupture des modernes avec la nature, il s’agit dans cet article de réévaluer la place des animaux pour montrer pour quelles raisons l’expérience animale est indispensable pour que l’homme puisse accomplir divers aspects de son ex...

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Detalles Bibliográficos
Autor Principal: Cosson, Franck
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: 2007
Sujets:
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:RésuméPartant du constat d’un désenchantement du monde consécutif à la rupture des modernes avec la nature, il s’agit dans cet article de réévaluer la place des animaux pour montrer pour quelles raisons l’expérience animale est indispensable pour que l’homme puisse accomplir divers aspects de son existence sociale ou de son humanité.L’animal, en effet, est devenu un enjeu majeur pour une modernité qui éprouve le besoin de retrouver une relation à la nature par delà la rupture qui l’en a éloignée. Certaines expériences privilégiées tout d’abord (comme la caresse) permettent d’envisager la constitution de relations de communication sensible au sein desquelles se manifeste une plénitude et un bonheur relationnel sensible. D’autre part, la relation à l’animal domestique est considérée comme une extension de l’individualisme démocratique qui cherche un double inférieur de soi-même, disponible pour tout et à tout moment. Cependant l’intérêt pour l’animal sauvage n’est-il pas en même temps le signe du besoin d’un contact authentique avec une nature non encore humanisée, porteuse de significations ontologiques et d’un enrichissement de l’expérience humaine des modernes échappant à l’uniformité et à l’aliénation du monde environnant ? Plus fondamentalement encore les animaux sont alors considérés comme des médiateurs : dans le cadre d’une relation dialectique où se croisent leur identité et leur altérité relatives, ils permettent de mieux prendre conscience de ce que nous sommes, de parvenir à une forme de connaissance de soi d’autant plus précieuse qu’elle nous ouvre à la pluralité des mondes animaux. Il s’agit alors de montrer, grâce notamment à une approche d’inspiration phénoménologique, que l’identification à l’animal, loin d’être aliénante ou réductrice, nous invite à une reconsidération de notre rapport au monde. L’animal, enfin, peut-il contribuer au réenchantement du monde et nous permettre d’accéder à un humanisme intégrateur qui s’articulerait sur les relations de type anthropozoologique avec les animaux, et non plus seulement sur une frontière irréductiblement séparée ?