Science vs humanités : changer de modèle et de perception

La place centrale de la sélection par la science, épine dorsale de notre enseignement depuis Jules Ferry, est un schéma à reconsidérer, notamment dans le milieu des élites issues des grandes écoles qu’il a formées : à l’heure où près de 80 % d’une classe d’âge obtient le baccalauréat, le sujet n’est...

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Auteur principal: Moatti, Alexandre
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2016
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:La place centrale de la sélection par la science, épine dorsale de notre enseignement depuis Jules Ferry, est un schéma à reconsidérer, notamment dans le milieu des élites issues des grandes écoles qu’il a formées : à l’heure où près de 80 % d’une classe d’âge obtient le baccalauréat, le sujet n’est plus celui de la sélection – en particulier par la science –, qui laisse beaucoup trop d’élèves au bord de la route. Le sujet, aujourd’hui bien connu, est la constitution d’un socle de connaissances communes. Les humanités (notamment l’histoire et la culture générale), qui souffrent d’une grave carence dans le secondaire et le supérieur, doivent constituer une part essentielle de ce socle. Dotées elles aussi d’une forme de méthodologie scientifique, elles permettent de former des esprits plus cultivés, plus créatifs, dans un monde du travail toujours plus complexe. De surcroît, le socle de connaissances d’une culture générale commune est aussi celui d’un « vivre ensemble ». Il faut aller jusqu’au bout du changement de paradigme en cours et en analyser aussi bien les racines que les conséquences.