Une société privée du public ? Public et privé : des inquiétudes morales à une définition sociologique de l’institution
L’objectif poursuivi dans cet article est de proposer une analyse des usages des catégories de public et privé tant dans les sciences sociales que dans le sens commun. Le propos part d’un constat : ces usages sont fréquemment accompagnés de considérations normatives et inquiètes sur le (dys)fonction...
Tallennettuna:
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| Aineistotyyppi: | Article ou chapitre numérique |
| Kieli: | Français |
| Julkaistu: |
2022
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| Linkit: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Yhteenveto: | L’objectif poursuivi dans cet article est de proposer une analyse des usages des catégories de public et privé tant dans les sciences sociales que dans le sens commun. Le propos part d’un constat : ces usages sont fréquemment accompagnés de considérations normatives et inquiètes sur le (dys)fonctionnement de la société. Ces craintes s’expriment à travers deux figures que l’on peut retrouver dans les travaux de sciences sociales : l’écrasement de l’espace public par le pouvoir de l’état, et l’envahissement de la sphère publique par la dimension privée de l’existence. Je montrerai comment ces approches sont sous-tendues par une définition problématique de l’institution et de la dimension publique, car elles reproduisent une association factice entre privé et absence de normes, de même qu’entre public et contraintes, en imaginant erronément que les rapports entre les deux sphères fonctionnent à la façon d’un jeu à somme nulle. On verra ensuite en quoi, d’un point de vue empirique, la promotion de l’intériorité puis le relâchement de certaines inhibitions occasionnent non pas une disparition du caractère réglé de l’existence humaine, mais bien un déplacement des formes de contrôle. Enfin, à un niveau logique (et à partir de l’exemple du succès du discours « psy », repérable notamment dans les ouvrages de développement personnel), je montrerai qu’il faut éviter la confusion consistant à considérer un langage comme non institutionnel (ce qui n’est en réalité pas possible) simplement parce que son contenu valorise la dimension privée au détriment de la dimension publique. En somme, c’est à un travail de clarification que s’attelle cet article. |
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